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Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969
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Zong'
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MessagePosté le: Jeu 4 Juin - 12:02 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Depuis que j'ai découvert Scott Walker, j'adore cet album de Bowie. J'y entend un million de passerelles entre les deux. (le premier album de Walker). Même si l'un est sorti avant l'autre, ou l'inverse.
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MessagePosté le: Jeu 4 Juin - 12:02 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Zong'
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MessagePosté le: Jeu 4 Juin - 12:03 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Olivier Northern Son a écrit:

Un album sorti presque en même temps que Pepper


Non il est sorti le même jour que Pepper Smile
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luigii


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MessagePosté le: Ven 3 Juil - 00:25 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Hello
I'm Home...Lost My Job.
I am What I Play.
Je n'ai pas encore terminé l'écriture pour le premier album, mais c'est presque fini.
J'espère vous envoyer tout ça la semaine prochaine, avant le 10 au plus tard.
A très bientôt Cool
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Zong'
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MessagePosté le: Ven 3 Juil - 06:30 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Just take your time....... till the 21st century lose.
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MessagePosté le: Mer 12 Aoû - 19:14 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

DAVID BOWIE - Juin 1967

Et donc le tout premier album de David Bowie fut éponyme. Il sort le jour même de la sortie de SGT PEPPER’S. Le jeune anglais n’a que vingt ans mais déjà une solide carrière de scène derrière lui assortie d’une flopée de singles plutôt bons enregistrés au travers de plusieurs formations musicales aux attributs somme toute variés.

Cet album reste toutefois unique dans la riche discographie à venir, comme un recueil de contes. Quatorze vignettes sans réel thème dominant ni aucun liant narratif d’une piste à l’autre. Une série de morceaux radicalement différents au fond des premiers morceaux déjà disponibles en singles, aux antipodes de ses influences musicales assumées et à des années lumières de tous les albums à venir aussi. TOY inclus.

Loin d’être un coup d’essai désagréable, il est quand même le seul album sous la bannière de Bowie à ne pas être dirigé par des lignes de guitares solos, qui seront souvent les marques de fabrique pour la suite de Bowie à Gerry Leonard en passant par Mick Ronson, Earl Slick, Robert Fripp, Nile Rodgers ou Reeves Gabrels. Ce disque-là voit le jour alors que Bowie n’a pas encore fait la connaissance de Tony Visconti. Il n’y a pas de partenaire de double.
Hormis un léger riff sur « Maid Of Bond Street » (allusion à la rue où se trouvait l’agence de pub dans laquelle travaillait Bowie), le reste est truffé d’histoires, de jeux de mots, de traits d’humour en droite lignée avec le théâtre typé West End londonien des années 60. Au fond, lorsque David Bowie eut l’occasion de voir la comédie musicale STOP THE WORLD – I WANT TO GET OFF d’Anthony Newlay, ce fut une révélation propice à l’écriture. Il rêvait d’écrire pour des pièces de théâtre et de mettre en musique la scénographie imaginée. Comme ce sera le cas pour le spectacle de PIERROT IN TURQUOISE en 1968. Et comme ce sera au fond le cas pour la plupart des personnages créés par la suite, y compris les pions du jeu d’OUTSIDE et même certains personnages peuplant les lignes à haute tension de THE NEXT DAY.

Donc David Bowie n’a pas encore, et de loin, posé son timbre de voix si distinctif. Il chante comme Anthony Newley dans des interprétations particulièrement stylées, avec des accents étranges ce qui a encore pour effet aujourd’hui de repousser les auditeurs bien intentionnés. Ecrire des histoires, comme des courts métrages, préfigurant d’ailleurs l’excellent film THE IMAGE, dont on n’a pu revoir des extraits en bonne qualité visuelle lors de l’expo DAVID BOWIE IS. Mais c’est bien ce genre-là qui est à l’œuvre dans un album qui au fond n’aura pas reçu beaucoup de publicité, n’aura pas beaucoup été joué à la radio et qui n’aura pas déclenché les moindres envies de tournées pour défendre ce répertoire. Il aura été très rare d’ailleurs d’entendre régulièrement un morceau de ce disque dans les tournées qui auront suivi.

Mais donc cette nouvelle technique d’écritures est une forme d’expérimentation nouvelle pour le jeune David Bowie, comme le seront ensuite le cut-up ou les stratégies obliques de Brian Eno. C’est une technique d’observation du quotidien, des gens, de l’ordinaire, un peu comme les affectionnait McCartney dans les personnages de chansons comme « Penny Lane » ou « Eleanor Rigby ». Les textes sont ici riches de détails et les scènes se passent principalement dans le Londres contemporain des années 60. Des morceaux comme « Silly Boy Blue » ou « Maid Of Bond Street » ne datent pas de la dernière pluie et ont été composés depuis plusieurs années alors que Bowie était encore plutôt jeune, vivant chez ses parents par intermittence.

David Bowie a essentiellement passé le clair de son temps, pendant les vingt premières années de sa vie à Londres et dans sa banlieue immédiate. Si ce n’est que ses contemporains ont fréquemment expliqué qu’à l’écouter parler, il semblait avoir vu et ressenti beaucoup plus d’artistes, de situations, de lieux et d’états d’esprit que quiconque pourrait normalement en avoir l’occasion durant toute une vie. Etre jeune mais avoir déjà vécu beaucoup. Les mondes bizarres et les personnages hurluberlus en plus, peut-être croisés dans des pubs ou dans des endroits louches planqués dans le Londres pas encore affublé de boutiques standardisés. Londres est omniprésent dans cet album comme le sera Berlin ou New-York dans HEROES ou REALITY.
David Bowie s’est donc pris à replonger aussi dans le monde des comptines. Le fameux « Inchworm » de Frank Loesser, qui servira bien plus tard de canevas sonore à « Thursday’s Child », est une référence totalement assumée depuis l’enfance, bien que ce soit Danny Kaye qui l’ait popularisée en 1952 (Paul McCartney l’a reprise également dans KISSES ON THT BOTTOM en 2012 avec une chorale d’enfants)
DAVID BOWIE est un disque fortement marqué par les univers merveilleux, les mondes fantastiques, les illustrations de livres pour enfants comme ceux de Randolph Caldecott. On entend bien ici « Come And Buy My Toys », « When I Live My Dream » et bientôt aussi « When I’m Five ». Personnages innocents, frêles et doux comme des agneaux. Profitons-en car ça ne durera pas longtemps. Il est loin le climax oppressant de Johnny dans « Repetition », de Ramona A.Stone, d’Halloween Jack, du Thin White Duke regardant son crâne ou même des jeunes recrues abruties par les ordres d’une hiérarchie crétinisée dans « How Does The Grass Grow ? »

Dès que David Bowie s’écarte à minima de ces influences, c’est vers l’imagerie militaire que l’on arrive (pour la première fois…et ce ce sera pas la dernière). Ici, on imagine volontiers un soldat rangé, à boutons dorés, qui s’est laissé pousser les cheveux, évoquant l’époque edwardienne et la Reine Victoria. Tout cela étant revenu en force au moment de cette année 1967. Après tout, les Beatles ont bien fait l’éloge d’un Sergeant Poivre et son club des chœurs brisés. David Bowie est photographié avec de très beaux boutons dorés sur une veste grise militaire, qu’il porte sur cette pochette plutôt pas mal fichue. Si ce n’est qu’à aucun moment le triomphalisme affleure dans les textes. « Little Bombardier », « She’s Got Medals » et même « Rubber Band » ne sont pas des souvenirs brillants états de service. Comme ce sera souvent le cas par la suite, comme par exemple « When The Boys Come Marching Home » ou « I’d Rather Be High ».

David Bowie est capable surtout dans un même morceau de faire naître plusieurs ambiances comme donc ce très bon « Little Bombardier » (qui demeure un des morceaux que je préfère) où sur fond de valse presque enjouée, lors d’une journée ensoleillée, presque un « perfect day », un homme, ancien militaire (revenant de guerre ?) évoque une forme de solitude et de maltraitance sur un enfant. Craignant d’être arrêté, l’homme finit par se terrer dans le mensonge et le déni. C’est pas très connu, pas très gai non plus, mais déjà original pour s’y arrêter. David Bowie chante avec un fort accent scottish et semblerait s’être inspiré d’un certain Alan Mair, le bassiste du groupe des Beatstalkers. Le personnage de la chanson s’appelant Frankie Mere.

David Bowie chante également les drogues et des joints dans le très bon « Join The Gang » qui évoque adroitement les regroupements de jeunes mods ou hippies, fumant, buvant mais des jeunes gars aux personnalités étranges et impressionnantes. Comme le seront par exemple les travestis de Lou Reed quelques années plus tard. Personne ne censurera ce morceau car au fond David Bowie semble chanter en second degré, presque avec ironie et non pas comme un chantre des drogues douces ou dures. Les censeurs avaient suffisamment à faire à ce moment-là au fond. Un peu comme un polaroid des « London Boys » qui ont précédé.
Pas de morceaux très connus donc, des personnages à la marge mais quand même aussi des morceaux qui firent des singles comme « Rubber Band » avec The Buzz et surtout « Love You Till Tuesday ». Il y’a du conventionnel, du bankable qui se différencie des effets de sons voulus par Bowie pour légèrement indisposer l’auditeur comme sur « Silly Boy Blue ». David Bowie a souhaité épicer son album avec des voix célestes, celle de Marion Constable, la petite copine de Dek Fearnley, le bassiste et arrangeur. Il existe des prises de son rigolotes de ce morceau où David Bowie fait ouvertement un plan drague à la copine de son pote.

DAVID BOWIE est aussi un disque où affleure le sitar popularisé par George Harrison, emprunté par Brian Jones. Sauf qu’ici encore le résultat escompté est plutôt axé autour du second degré. David Bowie a expliqué s’être inspiré par Peter Sellers, période THE PARTY.
Tous ces effets sont dus aux tours de passe passe sonores de Gus Dudgeon. Notamment l’orage et la pluie pour renforcer l’effet sinistre de « Please Mr Gravedigger ». David Bowie a été enregistré marchant dans des graviers. Dans le studio, le producteur a expliqué que David Bowie avait totalement habité son personnage, faisant semblant d’être bossu, dépravé, à l’accent marqué, jetant de la terre par-dessus son épaule après avoir creusé sa tombe.

A SUIVRE.....
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MessagePosté le: Mer 12 Aoû - 19:28 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Excellent Luigii!

Cela va être une sacrée odyssée!
Carry on, man! the '67 mime is on his way! Wink

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MessagePosté le: Mer 12 Aoû - 22:29 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

luigii a écrit:

Tous ces effets sont dus aux tours de passe passe sonores de Gus Dudgeon. Notamment l’orage et la pluie pour renforcer l’effet sinistre de « Please Mr Gravedigger ». David Bowie a été enregistré marchant dans des graviers. Dans le studio, le producteur a expliqué que David Bowie avait totalement habité son personnage, faisant semblant d’être bossu, dépravé, à l’accent marqué, jetant de la terre par-dessus son épaule après avoir creusé sa tombe.


Oh oui ça s'entend même quand on écoute le disque, qu'il vit son personnage à fond. Il est totalement crédible. Bon Bowie a toujours été un parfait acteur, de toute façon.

Gus Dudgeon.... Coincidence des calendriers cosmiques, cette semaine j'ai regardé la superbe ré-édition Blu-ray de l'album "Nonsuch" d'XTC. Dans les bonus on y voit une heure d'images vidéos de Gus Duggeon avec le groupe en studio pendant les séances d'enregistrement. Passionnant et touchant.

Et en lisant les liner notes nouvellement écrite par les membres du groupe, j'ai appris que Gus Dudgeon s'était tué en voiture avec sa femme 10 ans après ces images. Il roulait sur la M4 entre Reading et Maidenhead et la voiture est sorti de la route. Tout simplement. Un jour tu crée des classiques avec Bowie, un autre tu es un pilier de la carrière d'Elton John, plus tard tu bosses avec XTC,.... mais tu n'en est pas pour autant immunisé contre les accidents de bagnoles. Sad

Life is real.
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû - 18:42 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

DAVID BOWIE - 1er Juin 1967


Et donc le tout premier album de David Bowie fut éponyme. Il sort le jour même de la sortie de SGT PEPPER’S. Le jeune anglais n’a que vingt ans mais déjà une solide carrière de scène derrière lui assortie d’une flopée de singles plutôt bons enregistrés au travers de plusieurs formations musicales aux attributs somme toute variés.

Cet album reste toutefois unique dans la riche discographie à venir, comme un recueil de contes. Quatorze vignettes sans réel thème dominant ni aucun liant narratif d’une piste à l’autre. Une série de morceaux radicalement différents au fond des premiers morceaux déjà disponibles en singles, aux antipodes de ses influences musicales assumées et à des années lumières de tous les albums à venir aussi. TOY inclus.

Loin d’être un coup d’essai désagréable, il est quand même le seul album sous la bannière de Bowie à ne pas être dirigé par des lignes de guitares solos, qui seront souvent les marques de fabrique pour la suite de Bowie à Gerry Leonard en passant par Mick Ronson, Earl Slick, Robert Fripp, Nile Rodgers ou Reeves Gabrels. Ce disque-là voit le jour alors que Bowie n’a pas encore fait la connaissance de Tony Visconti. Il n’y a pas de partenaire de double.
Hormis un léger riff sur « Maid Of Bond Street » (allusion à la rue où se trouvait l’agence de pub dans laquelle travaillait Bowie), le reste est truffé d’histoires, de jeux de mots, de traits d’humour en droite lignée avec le théâtre typé West End londonien des années 60. Au fond, lorsque David Bowie eut l’occasion de voir la comédie musicale STOP THE WORLD – I WANT TO GET OFF d’Anthony Newlay, ce fut une révélation propice à l’écriture. Il rêvait d’écrire pour des pièces de théâtre et de mettre en musique la scénographie imaginée. Comme ce sera le cas pour le spectacle de PIERROT IN TURQUOISE en 1968. Et comme ce sera au fond le cas pour la plupart des personnages créés par la suite, y compris les pions du jeu d’OUTSIDE et même certains personnages peuplant les lignes à haute tension de THE NEXT DAY.

Donc David Bowie n’a pas encore, et de loin, posé son timbre de voix si distinctif. Il chante comme Anthony Newley dans des interprétations particulièrement stylées, avec des accents étranges ce qui a encore pour effet aujourd’hui de repousser les auditeurs bien intentionnés. Ce personnage est sans aucun doute avec Little Richard celui qui aura donné envie à Bowie d’écrire et composer de la musique. C’est lui qui a initié David Bowie au théâtre donc, à la scénographie, au maquillage outrancier, au mime aussi et à la narration. Tout cela à l’adolescence, c’est-à-dire à l’âge où sa personnalité s’est forgée. Anthony Newley poursuivra Bowie, même encore aujourd’hui pour la scénographie de certains clips ou de certains spectacles. David Bowie choisit de prendre son accent Cockney très marqué
Anthony Newley a joué son premier rôle dans le film OLIVER TWIST en 1948 en prenant le rôle du renard. Mais il devient connu vers 1959 lorsqu’il est sous contrat avec la maison de films RANK ORGANISATION qui lui permettra d’écrire des singles pour des génériques. Le plus connu sera le générique pour GOLDFINGER chanté par Shirley Bassey. Il travaille aussi beaucoup avec Tony Bennett. Il y’aura aussi « Willy Wonk And The Chocolate Factory » (qui a beaucoup inspiré Tim Burton), « Stop The World, I Want To Get Off)
Cet artiste est crucial pour comprendre Bowie. « La plupart de mes disques ou de certaines chansons finissent par un rire idiot, par une parole déplacée pour que le public comprenne que je ne suis pas sérieux. » L’attitude irrévérencieuse et élégante se retrouvera dans une foule de morceaux avec quelques pieds de nez. Comme « The Chant Of The Ever Circling Skeletal Family », à la fin de « Fill Your Heart », de « Heathen », « Valentine Day ». Le clip de « The Next Day » est en effet royalement pompé sur les spectacles de Newley. Ou le Martyr David Bowie, après avoir été fouetté, battu dans ce bar fréquenté par les preferitti de l’Eglise Catholique, fait surgir des stigmates sur le corps de Marion Cotillard, qui renait en sainte. Et le Messie ressuscite presque comme un clown, remerciant Gary et Marion avant de disparaître. Après tout, la mort de Ziggy aussi peut se lire dans ce sens là.
Au fond David Bowie choisit au départ Anthony Newley car il est aussi londonien et que ça lui semble assez naturel. Anthony Newley choisit de jouer des sketches très bizarres dans l’émission de télé THE STRANGE WORLD OF GURNEY SLADE.
Mais donc, à la vision de « Stop The World – I Want To Get Off », Bowie voit se visage maquillé en blanc où l’acteur ne joue que du mime. Prélude à une foule de personnages et notamment le Pierrot de SCARY MONSTERS et toute la clique enterrée en grandes pompes dans le texte de « Ashes To Ashes ».

Des textes simples, sans chichis ni guimauve pour adultes.
Anthony Newley ne saura pas immédiatement à la sortie de l’album que David Bowie lui vouait un culte sans bornes. Ce n’est que bien plus tard à l’occasion d’une interview dans le magazine TIME en 1976 qu’il a compris l’influence. Ce en quoi il était assez stupéfait dans la mesure où il n’a jamais été vraiment un chanteur confirmé.
Pour comprendre la sonorité de l’album DAVID BOWIE, il peut être intéressant de pouvoir écouter le disque TONY de Newley paru en 1960 qui déjà cherchait à s’éloigner des influences rockabilly de l’époque. Bowie a confirmé que c’est le morceau « Strawberry Fair » qui a été un des déclencheurs.
Ecrire des histoires, comme des courts métrages, préfigurant d’ailleurs l’excellent film THE IMAGE, dont on n’a pu revoir des extraits en bonne qualité visuelle lors de l’expo DAVID BOWIE IS. Mais c’est bien ce genre-là qui est à l’œuvre dans un album qui au fond n’aura pas reçu beaucoup de publicité, n’aura pas beaucoup été joué à la radio et qui n’aura pas déclenché les moindres envies de tournées pour défendre ce répertoire. Il aura été très rare d’ailleurs d’entendre régulièrement un morceau de ce disque dans les tournées qui auront suivi.
David Bowie n’aura jamais rencontré Anthony Newley de toute sa vie ( l’acteur est mort en 1999). Une seule fois pourtant, Bowie aura confirmé avoir invité Newley à le rejoindre après son concert de Los Angeles pour la tournée LET’S DANCE mais Newley n’a apparemment jamais reçu d’invitation. Et se serait heurté à Coco Schwab en voulant rappeler Bowie par téléphone.

Mais donc cette nouvelle technique d’écritures est une forme d’expérimentation nouvelle pour le jeune David Bowie, comme le seront ensuite le cut-up ou les stratégies obliques de Brian Eno. C’est une technique d’observation du quotidien, des gens, de l’ordinaire, un peu comme les affectionnait McCartney dans les personnages de chansons comme « Penny Lane » ou « Eleanor Rigby ». Les textes sont ici riches de détails et les scènes se passent principalement dans le Londres contemporain des années 60. Des morceaux comme « Silly Boy Blue » ou « Maid Of Bond Street » ne datent pas de la dernière pluie et ont été composés depuis plusieurs années alors que Bowie était encore plutôt jeune, vivant chez ses parents par intermittence.
David Bowie a essentiellement passé le clair de son temps, pendant les vingt premières années de sa vie à Londres et dans sa banlieue immédiate. Si ce n’est que ses contemporains ont fréquemment expliqué qu’à l’écouter parler, il semblait avoir vu et ressenti beaucoup plus d’artistes, de situations, de lieux et d’états d’esprit que quiconque pourrait normalement en avoir l’occasion durant toute une vie. Etre jeune mais avoir déjà vécu beaucoup. Les mondes bizarres et les personnages hurluberlus en plus, peut-être croisés dans des pubs ou dans des endroits louches planqués dans le Londres pas encore affublé de boutiques standardisés. Londres est omniprésent dans cet album comme le sera Berlin ou New-York dans HEROES ou REALITY.
David Bowie s’est donc pris à replonger aussi dans le monde des comptines. Le fameux « Inchworm » de Frank Loesser, qui servira bien plus tard de canevas sonore à « Thursday’s Child », est une référence totalement assumée depuis l’enfance, bien que ce soit Danny Kaye qui l’ait popularisée en 1952 (Paul McCartney l’a reprise également dans KISSES ON THT BOTTOM en 2012 avec une chorale d’enfants)

DAVID BOWIE est un disque fortement marqué par les univers merveilleux, les mondes fantastiques, les illustrations de livres pour enfants comme ceux de Randolph Caldecott. On entend bien ici « Come And Buy My Toys », « When I Live My Dream » et bientôt aussi « When I’m Five ». Personnages innocents, frêles et doux comme des agneaux. Profitons-en car ça ne durera pas longtemps. Il est loin le climax oppressant de Johnny dans « Repetition », de Ramona A.Stone, d’Halloween Jack, du Thin White Duke regardant son crâne ou même des jeunes recrues abruties par les ordres d’une hiérarchie crétinisée dans « How Does The Grass Grow ? »

Dès que David Bowie s’écarte à minima de ces influences, c’est vers l’imagerie militaire que l’on arrive (pour la première fois…et ce ce sera pas la dernière). Ici, on imagine volontiers un soldat rangé, à boutons dorés, qui s’est laissé pousser les cheveux, évoquant l’époque edwardienne et la Reine Victoria. Tout cela étant revenu en force au moment de cette année 1967. Après tout, les Beatles ont bien fait l’éloge d’un Sergeant Poivre et son club des chœurs brisés. David Bowie est photographié avec de très beaux boutons dorés sur une veste grise militaire, qu’il porte sur cette pochette plutôt pas mal fichue. Si ce n’est qu’à aucun moment le triomphalisme affleure dans les textes. « Little Bombardier », « She’s Got Medals » et même « Rubber Band » ne sont pas des souvenirs brillants états de service. Comme ce sera souvent le cas par la suite, comme par exemple « When The Boys Come Marching Home » ou « I’d Rather Be High ».

David Bowie est capable surtout dans un même morceau de faire naître plusieurs ambiances comme donc ce très bon « Little Bombardier » (qui demeure un des morceaux que je préfère) où sur fond de valse presque enjouée, lors d’une journée ensoleillée, presque un « perfect day », un homme, ancien militaire (revenant de guerre ?) évoque une forme de solitude et de maltraitance sur un enfant. Craignant d’être arrêté, l’homme finit par se terrer dans le mensonge et le déni. C’est pas très connu, pas très gai non plus, mais déjà original pour s’y arrêter. David Bowie chante avec un fort accent scottish et semblerait s’être inspiré d’un certain Alan Mair, le bassiste du groupe des Beatstalkers. Le personnage de la chanson s’appelant Frankie Mere.
David Bowie chante également les drogues et des joints dans le très bon « Join The Gang » qui évoque adroitement les regroupements de jeunes mods ou hippies, fumant, buvant mais des jeunes gars aux personnalités étranges et impressionnantes. Comme le seront par exemple les travestis de Lou Reed quelques années plus tard. Personne ne censurera ce morceau car au fond David Bowie semble chanter en second degré, presque avec ironie et non pas comme un chantre des drogues douces ou dures. Les censeurs avaient suffisamment à faire à ce moment-là au fond. Un peu comme un polaroid des « London Boys » qui ont précédé.

Pas de morceaux très connus donc, des personnages à la marge mais quand même aussi des morceaux qui firent des singles comme « Rubber Band » avec The Buzz et surtout « Love You Till Tuesday ». Il y’a du conventionnel, du bankable qui se différencie des effets de sons voulus par Bowie pour légèrement indisposer l’auditeur comme sur « Silly Boy Blue ». David Bowie a souhaité épicer son album avec des voix célestes, celle de Marion Constable, la petite copine de Dek Fearnley, le bassiste et arrangeur. Il existe des prises de son rigolotes de ce morceau où David Bowie fait ouvertement un plan drague à la copine de son pote.
DAVID BOWIE est aussi un disque où affleure le sitar popularisé par George Harrison, emprunté par Brian Jones. Sauf qu’ici encore le résultat escompté est plutôt axé autour du second degré. David Bowie a expliqué s’être inspiré par Peter Sellers, période THE PARTY.

Tous ces effets sont dus aux tours de passe passe sonores de Gus Dudgeon. Notamment l’orage et la pluie pour renforcer l’effet sinistre de « Please Mr Gravedigger ». David Bowie a été enregistré marchant dans des graviers. Dans le studio, le producteur a expliqué que David Bowie avait totalement habité son personnage, faisant semblant d’être bossu, dépravé, à l’accent marqué, jetant de la terre par-dessus son épaule après avoir creusé sa tombe.
David Bowie a dirigé les répétitions de cet album et a sympathisé avec le frère de Dek Fearnley, Gerald. C’est chez lui que le groupe a composé et joué les premières maquettes de l’album. C’est ensuite chez les parents de John Eager que le groupe a été en mesure de jouer, notamment parce que c’était le seul à posséder un piano droit pour permettre à Derek Boyes de pouvoir jouer convenablement.
Dès le départ d’ailleurs, David Bowie et Dek Fearnley ont composé des arrangements sur ce piano pressentant que la plupart des titres pouvaient avoir besoin d’autres touches musicales que celle habituellement jouée par la groupe. Mais aucun des deux musiciens ne connaissaient le solfège et encore moins le déchiffrage d’une partition. Il fallut donc acheter un exemplaire complet de The Observer Book Of Music. De l’art de la transcription donc des idées qu’ils avaient en tête. Dek Fearnley et David Bowie ont ensuite été directement voir les musiciens de studios embauchés pour les arrangements avec ces partitions plutôt sommaires. Mais l’aplomb de Bowie était tel que pas une fois ils n’ont eu à essuyer les plâtres des autres musiciens. C’est quand même Dek Fearnley qui devra se coltiner la plupart de l’écriture des partitions.
Cela étant, les pièces de musiques composées par Bowie apparaissaient comme de petits interludes musicaux pour bassons ou cuivres. Façon « Penny Lane ».

Les sessions démarrent le 18 octobre 1966 dans le studio R G Jones Studios situés dans le Surrey. En quatre heures et demi, Bowie avec Dek Fearnley, Derek Boyes et John Eager vont enregistrer la quasi-totalité des maquettes de l’album plus une nouvelle version de « The London Boys », « Rubber Band » et une nouvelle version de « Please Mr Gravedigger ». Kenneth Pitt parvient à obtenir une avance de 150 livres et des royalties par avance pour trois morceaux au choix de l’album.

Parlons aussi du producteur du disque Mike Vernon : C’est Hugh Mendl de chez Decca qui l’a recommandé auprès de David Bowie pour notamment l’ouverture du label Blue Horizon. C’est quand même lui qui a produit le disque John Mayall’s Blues Breakers With Eric Clapton. Cat Stevens venait tout juste de rejoindre le label. Et d'ailleurs l'album MATTHEW AND SON a beaucoup de sonorités très voisines du premier album de David Bowie. Mais avant cela, il avait travaillé chez Decca et notamment pour Frank Lee. En fait le producteur n’a rien fait de particulier pour faire que le mainstream puisse atteindre ce disque. Mike Vernon trouvait les maquettes et les textes très originaux, vraiment à part. David Bowie aura donc été considéré plutôt comme un Outsider de son label, ce qui en soi était une preuve de respect mais en même temps aussi un frein à ronger pour qui souhaitait accéder aux feux de la rampe. Mike Vernon n’avait d’ailleurs jamais vu The Buzz ni aucune des autres formations en concert et il n’a plus jamais travaillé avec David Bowie ensuite. Il a quand même expliqué plusieurs fois à Kenneth Pitt qu’il allait forcément percer un jour ou l’autre.
Finalement, DAVID BOWIE doit son cachet aussi aux très bons rapports que le producteur a pu avoir avec Gus Dudgeon. C’est quand même grâce à lui que le disque prend une direction originale, notamment en termes d’arrangements. Gus Dudgeon a expliqué en interview avant sa mort en 2002 dans un accident de voiture que David Bowie les avait tout de même bien dirigés et amenés là où il le souhaitait. Les deux acolytes lui ont souvent fait remarquer que son timbre de voix était quand même très orienté Anthony Newley, mais Bowie expliquait à l’époque qu’il ne pouvait pas chanter autrement que comme çà.
C’est en tous cas David Bowie qui suggère un jour à Gus Dudgeon de prendre la voix d’un présentateur de télé parodique au démarrage de « We Are Hungry Men » avec Mike Vernon qui crie « Achtung ! », avec des voix de dessin animé. C’est le seul et unique morceau dont l’univers annonce partiellement la suite pour THE MAN WHO SOLD THE WOLRD. Avec l’apparition de l’univers sombre et psychotique de « All The Madmen ».
Sur l’album donc, jouent aussi John Renbourn sur « Come And Buy My Toys » et Big Jim Sullivan sur « Did You Ever Have A Dream »

Il y’a très peu de morceaux inédits provenant de ces sessions. A l’exception de trois morceaux encore inédits et qui n’avaient pas été choisis pour la réédition de 2010. A savoir donc « Your Funny Smile », « Pussy Cat » et « Bunny Thing ». Ces deux morceaux ont été découverts à l’horizon 2008-2009 sur un acetate très rare. Mike Vernon a confirmé d’ailleurs le tracklisting d’origine de l’album qui devait donc être le suivant
Face A
• Uncle Arthur
• Sell Me A Coat
• Your Funny Smile
• Did You Ever Have A Dream
• There Is A Happy Land
• Bunny Thing
Face B :
• Little Bombardier
• Silly Boy Blue
• Come And Buy My Toys
• Join The Gang
• She’s Got Medals
• Maid Of Bond Street
• Please Mr Gravedigger

« Your Funny Smile » était un morceau chanté par John Eager et Dek Fearnley avec Derek Boyes et David Bowie dans les chœurs. Ce morceau date de 1966, période Pye Singles et donc rien à voir avec l’album. « Bunny Thing » est parait-t-il un morceau parlé avec John Renbourn à la guitare. David Bowie y parle avec un accent étrange, façon happening de la poésie Beat, l’histoire d’une bande de lapins terroristes qui trafique les Bunny Drugs (ou les drogues de Bugs Bunny) et réussisent à tromper la vigilance d’un vieillard encore à son poste de douanier. Il n’existe que très peu de choses sur « Pussy Cat » par contre. Et Decca a totalement oublié ces morceaux. Pourtant il s’agit bel et bien du Pussy Cat écrit par Dave Appell et Kal Mann, ceux qui ont écrit le très fameux « Let’s Twist Again » en 1961. Il en existe une version chantée par le musicen Jess Conrad d’ailleurs.
« Rubber Band » a donc remplacé « Your Funny Smile »

La pochette de l’album n’a pas été prise dans un studio photo comme on l’a cru pendant un certain temps mais dans une église située à Bryanston Street dans le centre de Londres. Tout près de la station Marble Arch, qui borde l’un des coins de Hyde Park. C’est Gerald Fearnley qui a pris cette photo et on sait qu’il y’a eu d’autre clichés pris chez les Fearnley à cette occasion. Quant au verso de l’album, la photo a été prise tout près des bureaux de Decca au bord de la Tamise près de la station de Métro Embarkment.

Du cœur à l’ouvrage, ce disque n’en manque pas. Pourtant David Bowie a copieusement reproché à Decca, via son manager Kenneth Pitt ou non, que le défaut de promotion a été notoire. La maison de disque a parfois rétorqué en expliquant que cette musique n’était de toute manière ni attractive pour un jeune public, ni non plus séduisante pour un public plus mûr ou exigeant. Ce qui là encore n’est pas totalement faux. Quelques exceptions ont cependant permis de se convaincre que Decca avait fait une campagne de promotion appuyée dans certains pays et notamment aux Etats-Unis. Sur ce marché-là, il a existé une foule d’outils promotionnels, d’exemplaires envoyés aux radios et de diffusions un peu plus massives. Sans non plus obtenir un résultat probant.
Pourtant la presse est plutôt favorable à la sortie de cet album. « Essayez David Bowie, laissez vous tenter par la nouveauté ». Plusieurs années plus tard, Kenneth Pitt a expliqué qu’il avait passé une offre de contrat avec Essex Music en 1966 pour une avance de 1000 livres Sterling. Au même moment, il est parvenu à décrocher un très gros contrat chez Koppelman and Rubin aux Etats-Unis, garantissant une avance de 30000 dollars, assortie d’une très grosse planification médiatique. En rentrant en Angleterre Ralph Norton avait secrètement signé avec Essex et pour une somme d’avance beaucoup moindre que celle qui avait été négociée. David Bowie en sera pas la suite ulcéré et il est évident que sans cette bévue commerciale, l’album aurait été certainement beaucoup plus médiatisé.

Mais par contre, en 1967, le mime Lindsey Kemp est tombé sous le charme de David Bowie (et pas que musical d’ailleurs). Dès la sortie du disque, il se sert de certains passages pour illustrer ses spectacles et ce sans demander d’autorisations. Ni Decca, ni David Bowie n’y trouvent à redire, bien au contraire. L’aubaine est plutôt agréable et permet une diffusion inattendue vers un public inhabituel.
La BBC a également plutôt apprécié l’album et considèrera David Bowie comme un artiste à part entière avec des sessions programmées pour lui. Le producteur en chef de la BBC avait adoré la pochette et l’avait même posée en évidence sur le linteau au-dessus de sa cheminée. On sait aujourd’hui de source sûre que les Beatles ont vu cette pochette et ont également écouté des morceaux de l’album. D’ailleurs, l’année suivante en 1968, lorsque David Bowie aura la possibilité de rencontrer Paul McCartney dans les bureaux d’Apple pour faire connaître le spectacle PIERROT IN TURQUOISE, c’est ce disque qui servira de point de départ à la discussion.

Le texte de Kenneth Pitt était particulièrement exagéré et le style d’écriture est très marqué par celui de Derek Taylor pour les Beatles. Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire quand même quand on sait que les autres membres du groupe n’avaient véritablement jamais eu sa sympathie.
Autre détail important, ce disque est un des premiers à pouvoir sortir sur le marché en Mono et en Stereo. Et pour la réédition de 2010, les deux versions seront conservées pour le coffret.

Donc au fond cet album reste une parenthèse assez unique dans la carrière de Bowie. Il est assez rare de croiser un fan expliquant que DAVID BOWIE soit son préféré. Mais par exemple Dek Fearnley a récemment expliqué qu’il s’agissait pour lui de sa meilleure expérience musicale. Ce disque méritait un arrêt sur image conséquent. Il y’a dans « We Are Hungry Man », les prémices Orwelliens et Messianiques qui feront le sel de DIAMOND DOGS et STATION TO STATION. On entend dans « She’s Got Medals » le démarrage de la confusion des genres. « Come And Buy My Toys » et son lustre acoustique aurait pu se retrouver dans SPACE ODDITY. On y entend des personnages du grand écran, du fameux « silver screen » de « Life On Mars ». Il y’a déjà une belle collections d’êtres humains à la dérive, rongés par la solitude et vivant totalement à la marge de la société de consommation.
Il y’avait déjà au début des années 70 des biographes, des rédacteurs de fanzines capables d’établir des parallèles entre ces chansons et la folie rodant dans l’entourage familial de David Bowie. C’est bien évidemment à prendre avec beaucoup de pincettes car rien n’a jamais été confirmé par qui que ce soit à ce moment-là pour cet album (contrairement à THE MAN WHO SOLD THE WORLD par exemple)
Pour ma part, il m’a fallu du temps et de la patience pour parvenir à considérer ce disque comme œuvre à part entière. Pour aller au-delà des vignettes arrangées avec du basson et du cor anglais. Pour extrapoler l’accent Cockney et les influences de Newley. David Bowie n’a pas choisi de démarrer par la facilité : cet album, tout compte fait, possède une cohérence et un enchaînement propre qui a fini par me séduire sans non plus me faire dire « fascination » ou « strange fascination » devrais-je dire. C’est un disque qui vit encore dans l’ombre de la décennie à suivre mais un disque à la dérision assumée, qui donne à entendre un jeune mec attiré par le théâtre chanté, esquissant en quelques phrases des situations et des personnages tout en ayant à cœur de les faire vivre, voire de les transcender. Oui osons dire que DAVID BOWIE est un book de personnages potentiels déjà en place avant que le grand public ne se mettre à appeler David Jones par Ziggy Stardust ou le Thin White Duke.
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû - 18:48 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Les chansons arrivent bientôt Cool
Le temps de relire et peaufiner encore un peu quelques passages.
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MessagePosté le: Ven 2 Oct - 06:54 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

En attendant, on va faire avancer un peu ce topic.

Pour aller plus loin:
L'édition "Deluxe" de ce premier album est parue en 2010 sous la forme d'un double CD, et comprend, en plus de la version mono et de la version stéréo de l'album, tous les 45t Deram correspondants, dans leurs versions monos d'origine, mais également dans des versions stéréos crées pour l'occasion. Mais nous détaillerons le contenu des bonus de cette édition à la fin du chapitre suivant, car l'édition contient également des chansons enregistrées en 1968.

Au niveau des mixages, les différences entre la version mono et la version stéréo ne sont pas très importantes. En fait les deux mixages sont plaisants à écouter. Le mixage stéréo de cet album est bien supérieur (car plus équilibré) à celui de Sgt Peppers, sorti le même jour, par exemple.

Un dernier point: de toutes les chansons de cet album, une seule fut ré-enregistrée en 2002 pour le projet "Toy", il s'agit de "Silly boy blue"


Après l'album, Bowie a sorti un nouveau 45t:

Love you till Tuesday / Did you ever had a dream
45t publié le 14 Juillet 1967
<------on fait clic clic

Vous pouvez écouter légalement les deux faces ici, c'est sur le cd2:
http://www.musicme.com/#/David-Bowie/albums/David-Bowie-0600753179253.html?…

C'est encore une fois un 45t inédit, puisque la version de "Love you till tuesday" présentée en face A n'est pas la même que celle de l'album: il s'agit d'un nouvel enregistrement. Pourquoi avoir ré-enregistré la chanson ? Je ne sais rien, mais les différences sont assez importantes: l'ensemble est beaucoup plus enlevé, et les superbes modulations harmoniques que j'aimais tant ont été retirées. Par contre on a rajouté un bout de musique tzigane à la fin, après la dernière phrase.

La face B, "Did you ever have a dream" (à ne pas confondre avec "When I live my dream") est encore plus enlevée, et conclue ici la période Deram de Bowie.

Logiquement, si l'on suit l'ordre des disques tels qu'ils sont parus de manière strictement chronologique, le prochain chapitre devrait être le 45t de "Space oddity", qui est sorti en 1969, c'est à dire presque deux ans après ! Pour les gens de 1967, même les fans, c'est ainsi que ça s'est passé. Il y a eu le 45t "Love you till tuesday", puis le 45t "Space oddity"deux ans après, et entre temps, à part deux passages à la BBC (radio), rien.
Mais en réalité il existe quelques enregistrements intermédiaires qui ont eu lieu en 1968 et qui finirent par être publiés, mais ils ne furent publiés qu'une fois Bowie devenu célèbre, quelques fois des dizaines d'années après leurs enregistrements ! Cependant pour des raisons de continuité artistique, j'ai décidé que nous allons en parler dans la continuité de ce topic.
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MessagePosté le: Sam 5 Déc - 22:33 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Tiens, voici un chapitre inédit qui n'était pas dans l'ancien "décompte", j'ai décidé de le rajouter, car entre temps est paru de nouveaux (anciens) enregistrements :


On en a parlé dans le chapitre précédant: la période Deram de Bowie s'achève avec cet ultime single de Juillet 1967. Il va ensuite s'écouler deux années avant qu'un nouveau disque de Bowie sorte. Et deux années dans les sixties, c'est l'équivalent de 20 ans aujourd'hui ! Cependant, pour les plus ardus des fans de Bowie de l'époque (y en avait-il vraiment d'ailleurs ?), il y avait encore un peu d'activité, en cherchant bien. Ainsi, en décembre 1967, juste un peu avant Noel, David Bowie est venu chanter à la BBC !

Premier passage de Bowie à la BBC, dans l'émission Top Gear
émission enregistrée le 12 décembre 1967
<------couverture du Radio Times dans lequel était annoncée cette émission

Love you till tuesday
When I live my dream
Little bombardier
Silly boy blue
In the heat of the morning


David Bowie: chant, accompagné par le Arthur Greenslade Orchestra.
Les arrangements sont écrits par Tony Visconti, qui dirige également l'orchestre.

Vous pouvez écouter cette émission sur cette vidéo que je vous ai concocté:



On le sait bien, dans les 60s et même par la suite, c'est une tradition en Angleterre pour les artistes d'aller enregistrer des chansons à la BBC. David Bowie n'échappe pas à cette habitude, et cela dés ses débuts, puisque son premier passage à lieu pendant la période Deram. Pour l'émission Top Gear, David est venu chanter pas moins de 5 chansons. Quatre proviennent de son album, et une est inédite. Il s'agit de la superbe "In the heat of the morning", sauf qu'il s'agit là d'une pré-version, nettement moins aboutie que celle qu'il enregistrera plus tard dans une autre émission de la BBC.

C'est une chance de pouvoir entendre cette première émission, car elle ne figurait pas dans le coffret "Bowie at the Beeb" paru en 2000. Il a fallu attendre 2010 (!) pour qu'elle soit enfin publiée en CD, en bonus de l'édition Deluxe de l'album de 1967. (A partir de la piste 21 sur le CD2).



Vous pouvez profiter de ce bonus grâce à ce chapitre.

Voici la page officielle consacrée à cette émission, sur le site des Archives de la BBC:
http://www.bbc.co.uk/radio1/johnpeel/sessions/1960s/1967/Dec18davidbowie/
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MessagePosté le: Sam 5 Déc - 23:59 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Merci Zong, je ne connais pas cet enregistrement et je prendrais le temps de l’écouter.
Zong' a écrit:
Trois proviennent de son album, et deux sont inédites. Les inédites sont la superbe "Silly boy blue", et la non moins superbe "In the heat of the morning"
Qu'entend tu par 'Silly Boy Blue' inédite?
Elle est sur l'album.
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MessagePosté le: Dim 6 Déc - 00:05 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

David a écrit:
Merci Zong, je ne connais pas cet enregistrement et je prendrais le temps de l’écouter.
Zong' a écrit:
Trois proviennent de son album, et deux sont inédites. Les inédites sont la superbe "Silly boy blue", et la non moins superbe "In the heat of the morning"
Qu'entend tu par 'Silly Boy Blue' inédite?
Elle est sur l'album.


Que je suis fatigué Smile
(merci je corrige).
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MessagePosté le: Dim 6 Déc - 20:28 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Merci pour le redémarrage du décompte. J'aime beaucoup cette première vraie BBC Session Top Gear.
Le manager de Bowie, Kenneth Pitt avait rencontré Bernie Andrews, le producteur de l'émission, qui se trouvait être un des premiers admirateurs de l'album DAVID BOWIE. Il n'a pas été très difficile d'obtenir l'orchestre Arthur Greensdale, qui parvient en plus ici à être assez fidèle aux arrangements de l'album. 
Par exemple "Love You Till Tuesday" est quasiment identique à la version single qui était sortie en 1967. Cerise sur le gâteau, il y'a la fameuse coda de quelques secondes (qui a pour surnom "Hearts And Flowers"


De même que "When I Live My Dream" est enregistrée selon le schéma de la version 2, celle qui avait été enregistrée juste après la sortie de l'album en vue de devenir un single (mais DERAM a rejetté le projet). Je trouve cette version-là presque un chouia meilleure que la version 1 et 2 prévue pour l'album et le single. 
On sait aussi que Bernie Andrews a du s'y reprendre à plusieurs fois pour convaincre Bowie de reprendre "Little Bombardier"(qui n'a jamais été la préférée du jeune Jones)
Par contre David Bowie aurait proposé une chanson inédite "Something I Would Like To Be", qui avait été proposée aux Walker Brothers, mais sans avoir jamais eu de retour favorable. Et contrairement aux dires de Kenneth Pitt, elle n'existe pas dans les enregistrements de la BBC. 
En échange, Bowie a pu étoffer une demo de "In The Heat Of The Morning" qui n'a été enregistrée que quelques mois plus tard. Les paroles sont différentes au départ avec "My memory keeps me turning 'round/Turning around, looking down the valley of years/Where cunning magpies steal your name/I'm watching your face appear on a cloud drifting by"
La version de "Silly Boy Blue" est un peu plus minimaliste au démarrage et offre un autre éclairage que ce que nous connaissons.


La diffusion du programme enregistré par Bowie a été pour la veillée de Noel en 1967. Et fut un succès assez significatif. Family and Ice,Jimi Hendrix, Traffic ont complété le programme. C'est à cette même période que les Beatles ont présenté Magical Mystery Tour avec pertes et fracas. Les critiques de ce programme, qui a été plutôt bien suivi, étaient très positives concernant Bowie. 


Ca me fait très plaisir qu'on n'en parle en tous cas...
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MessagePosté le: Dim 6 Déc - 23:44 (2015)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Je l'ai écouté eh bien c'est très chouette.
Peut-être qu'un jour je finirais par acheter cette deluxe qui sait. Smile
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MessagePosté le: Mar 2 Fév - 22:51 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Encore merci pour ce topic et pour toutes ces références, le genre de topic qu'on ne lit pas forcement dans l'ordre et au bon moment mais on sait y venir au besoin.
Réaction tardive aux premiers posts , les 6 premiers singles.

Je sais que beaucoup de gens sont un peu repoussés par le premier album et préfèrent commencer à s’intéresser à Bowie à partir du second mais du coup on oublie les premiers singles qui sont pourtant attractifs et dynamiques.

J'aime beaucoup, le son et le rythme, on est bien dans l'ambiance de la scène la plus Rock d'alors, avant l'invention du Hard même si paradoxalement c'est dans les titres plus vagues des deux premiers albums que je trouve ses premières étincelles vraiment créatives.

Liza Jane: Très bon début ma foi. Vraiment. Dynamique, ça va droit au but et c'est bien chanté.
Louie, Louie Go Home: C'est marrant, l'intro est un espèce de 'I Saw Her Standing There' au ralenti. Un peu à la manière de ce qu'avaient fait les Beatles avec 'A Shot Of Rhythm And Blues' à la BBC.

Le single des Manish Boys, je trouve que c'est un cran en dessous. Évidement la première compo de Bowie, c'est historique. J'en profite d'ailleurs pour refaire la même remarque que je crois me souvenir avoir fait sur YSN, il ne faudra pas attendre 'Pin Ups' pour entendre d'autres reprises car entretemps y en aura une sur 'Hunky Dory', une seconde sur 'Ziggy Stardust', une troisième sur 'Aladdin Sane' et une quatrième en face b de 'Drive-In Saturday'. Wink

You've Got A Habbit Of Leaving: Dés qu'on passe aux Lower Third, on progresse pas mal, ce n'est plus la préhistoire de Bowie mais quelque chose qu'il peut refaire sur scène 35 ans après sans gène.
Baby Loves That Way: Encore mieux! Une des mes préférés des premières années avec une intro très bien faite et j'aime aussi la version du vieux Bowie de 'Toy'.

Concernant les 3 singles publiés chez Pye (le label des Kinks hein), je partage plus ou moins ce qu’écrivait Zong' surtout concernant Can't Help Thinking About Me. Y a tout sur ce titre, mélodie, jeu de guitare, et un chant de plus en plus caractériel. Et And I Say To Myself, en plus cool est très bien aussi.

Ensuite, passé les Lower Third, sur les deux autres singles, ça se tasse un peu, on sent que David Bowie avait besoin de passer à autre chose, ce qu'il a fait juste après.

Je signale que concernant les singles Pye, les liens sonores du post de Zong' ne fonctionnent plus car Musicme ont viré la compile.
Et je rappelle aussi, vu que les posts de Zong' remontent visiblement à il y a quelques années, que 'Liza Jane', 'You've Got A Habbit Of Leaving' et 'Can't Help Thinking About Me' font désormais parti de l’édition 3-CD de la compile 'Nothing Has Changed'.


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MessagePosté le: Mar 2 Fév - 23:00 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Ah oui bien joué ! Smile
Il faudrait peut être que j'update les liens.
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MessagePosté le: Mar 9 Fév - 23:00 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Zong' a écrit:

Après avoir hésité 5 ou 6 ans, j'ai finalement acheté cette édition deluxe du premier album.
Pas mal d'avantages en comparaison à 'The Deram Anthology 1966-1968' que j'avais depuis longtemps.
Tout d'abord, belle remastérisation, le son est monté à la classe du dessus.
Pour la première fois en CD, il inclue l'album en mono. Rien d'extraordinaire dans le mix mais c'est bon à avoir.
L'album est double donc plus consistant alors que l'anthology était incomplète ce qui fait que, outre le fait qu'il n'y avait en général que les versions mono ou stéréo et cette fois il y a tout avec en plus ce qui ne figurait pas du tout, le premier passage à la BBC, 'London Bye Ta-ta' (!) et 'When I'm Five'. Il n'y a que la demo de 'Space Oddity' qui n'est pas revenue mais elle était sortie au même moment sur la deluxe du second album. D'ailleurs la cohérence entre ces deux rééditions est assez étonnante car j'ai toujours eu cette impression que Bowie ne contrôlait pas la période Deram. Je me trompe peut-être?

J'en ai donc profité pour réécouter l'album attentivement et voila ce que j'en pense:
'David Bowie' est un album que je n'aimais pas du tout au départ mais que j'ai progressivement réévalué avec les années.
Au niveau du style, on est complètement hors-cadre mais avec recul et sachant de quoi Bowie a été capable par la suite, l'album est devenu une sorte de blague. Et c'est vrai que ce disque ne manque pas d'humour.
Les chansons sont beaucoup moins Rock N Roll que sur les singles d'avant Deram mais paradoxalement c'est sur cet album qu'on trouve ses premiers signes créatifs, le tout début de certaines marques de fabrique. Pas sur telle ou telle chanson au lieu d'une autre, mais ici sur un pont ou là lorsqu'il place sa voix ou encore tel arrangement.

Je me souvient encore de mon impression la première fois que j'avais écouté 'Uncle Arthur', plus précisément en découvrant l'intro. Je m'étais dit "mais c'est quoi ce truc? C'est Bowie ? Vraiment?'. A vrai dire, l'intro est toujours là, venant de je ne sais quelle fête de village qui ne captait que deux chaines hertzienne jusqu'en 2011. La chanson en elle-même est marrante et entrainante et donne bien la couleur de tout ce qui va suivre. Je crois l'avoir lu sur le livre de la deluxe de 'Ram', lorsque George Martin avait orchestré 'Uncle Albert' (ce que j'ignorais pendant longtemps d'ailleurs) il s’était trompé de titre sur les partitions et avait écrit 'Uncle Arthur'. Il semble qu'il avait un oncle qui s’appelait comme ça et que ça n'a rien à voir avec Bowie mais c'est amusant.
'Sell Me A Coat' est une belle ballade anglaise mais ce qui m’intéresse le plus c'est le pont 'Jack Frost took her hand and left me...' qui est déjà un signe du talent mélodique à venir de David. Et puis le refrain semble un peu répondre à l'intro de 'Uncle Arthur'.
'Rubber Band' est une parodie de la vieille Angleterre. J'en pense surtout que cette seconde version est plus réussie que la première.
Je pense que tout l'album s'explique dans 'Love You Till Tuesday'. Est-ce qu'il se prend au sérieux ou est-ce de la dérision? Si c'est sérieux, c'est mauvais. Si c'est de la dérision, c'est complètement réussi. J'ai hésité sur ce point pendant des années mais la découverte du film du même nom (peu importe que c'est la version single qui y est interprétée) m'a convaincu qu'il s'agit bien d'une blague. Quoi qu'il en soit, cette version est à mes yeux bien meilleure que la version single, y a cette espèce de fausse fin au milieu qui, si je ne me trompe pas, n'est pas sur la version single et tout compte fait, c'est la plus pop de l'album. Et puis la découverte d'un fait révélé il n'y a pas longtemps n'a fait que confirmer ce que je pensais déjà. Avec 'Rubber Band' et 'When I Live My Dream', il s'agit des trois dernières chansons enregistrées pour cet album le 25 février 1967. Et sur cette session, l'arrangeur habituel Dek Fearnley était absent mais à sa place officiait Arthur Greenslade qu'on retrouvera sur la première session pour la BBC et qu'on connait aussi pour avoir travaillé avec Serge Gainsborg, entre autres sur 'Initial B.B.'. Un autre style de travail qui rééquilibre un peu l'album.
'There Is A Happy Land' n'est pas d'un grand intérêt si ce n'est les instruments à vent et la fin vocale qui est assez originale.
'We are Hungry Men' ou comment dans une chanson enfantine se cache le potentiel rock propre à Bowie. Quelques modification et on pourrait se trouver en plein 'Diamond Dogs' ou au moins dans 'Toy'.
'When I Live My Dream' c'est le tout à fait le genre de chanson naïve qu'on ne retrouvera plus jamais chez lui par la suite.
'Little Bombardier' est une de celles qui rendent cet album complètement déroutant. L'arrangement sur la version BBC semble être un peu mieux.
'Silly Boy Blue', le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y tenait à celle là! C'est la seule de l'album qu'il a repris sur 'Toy' (et la seule qu'il a repris passé 1969) et c'est la seule de l'album (sous cette version album) qui figure sur la compile 'Nothing Has Changed' et, sauf erreur de ma part, sur n'importe quelle compile contrôlé par lui. Et ça se comprend, l'air entre bien en tête et les arrangements sont bien faits.
'Come and Buy My Toys': Exercice folk. Ce qui se rapproche le plus du second album.
'Join the Gang'? Non merci.
'She's Got Medals', Là aussi c'est un peu la vieille Angleterre mais en plus bizarre que sur 'Rubber Band'. L’intérêt est surtout vocal. Entre les passages parlés et surtout ceux qui sont chantés avec cet air un peu lyrique se dessine le Bowie qu'on retrouvera toujours.
'Maid of Bond Street': Peu d’intérêt.
'Please Mr Gravedigger': Ça ne me parle pas du tout. Je note juste qu'on a au début des sons de cloches, avant Polnareff, Lennon et AC DC. Wink

Je reviendrais bientôt pour commenter les singles ou plus précisément la partie du second CD qui a déjà été abordée.
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév - 11:16 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

On a l'habitude ici de dire que cette époque était formidable, mais quand-même… tous ces 45t, ce 33t sans succès et les maisons de disque reprennent toujours Bowie… ils étaient allé voir dans le passé? Incroyable, non?
En tout cas, moi, je suis un fan de ce premier album.
Bravo et merci à Luiggi et Zong!
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév - 21:09 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Et comme le voulait la coutume de l’époque, les américains avaient sorti l'album avec deux titres en moins, les avant-dernières de chaque face, 'We are Hungry Men' et 'Maid of Bond Street'. Possible que les fans des États-Unis n'aient pas connus ces deux chansons avant la première édition CD américaine de l'album de 1988.
Et une réédition du CD de 1998 par le label Rebound réduit de nouveau l'album à 12 titres en enlevant 'Little Bombardier' et 'Silly Boy Blue'.
L'album américain d'origine était sorti en mono et en stéréo avec une pochette arrière différente de celle qu'on connait.



Et un autre détail que j'ai lu l'autre jour sur le livret de la réédition de 2010, une réédition, britannique cette fois, de l'automne 1967 contenait ou était accompagnée par un livret contenant les paroles de 20 chansons, les 14 de l'album et les six titres publiés chez Pye. Ce livret est devenu extrêmement rare. Après une recherche rapide, je n'en ai pas trouvé la trace sur le net.
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MessagePosté le: Ven 12 Fév - 19:07 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Les singles Deram:

'Rubber Band/London Boy's'. C'est vrai que prise dans la chronologie, il s'agit d'une sacrée cassure, un nouveau Bowie. Pour la petite histoire, ce single fut enregistré 6 jours avant la signature du contrat de Bowie avec Decca-Deram et, contrairement à toute la saga Deram, ne fut pas enregistré aux Studios de Decca et pas à Londres mais dans un studio à Morden dans le Surrey. Cette session contient aussi une première version inédite de 'Please Mr Gravedigger' titrée 'The Gravedigger'. C'est pour cette raison que sur certaines éditions CD le titre 'Please Mr Gravedigger' est mentionné 'Version 2' ce qui n'est pas tout à fait exact vu qu'une seule version est connue. C'est rarement le premier take qui est retenu de toute façon.
Bref, l'idée était d'entrer chez Deram avec un EP prêt mais finalement seuls deux titres furent retenus sur un simple.
Avec 'Rubber Band', Bowie fait son entré dans le genre pop baroque. Une fois de plus, je pense que la chanson fut améliorée sur la version album, Bowie la reprend avec un peu plus d'assurance, surtout sur les jeux d'octaves, et a ajouté une dernière note sur l'outro qui manquait vraiment. L'astuce pour reconnaitre directement la version, sur le single il chante 'In 1912 I was so handsome' et sur l'album, 'In 1910 I was so handsome'.
La face b, 'London Boy's' est beaucoup mieux à mon avis. C'est une belle ballade bien arrangée en conséquence. Grâce au livret de la réédition de 2010, j'apprends plein de trucs. Pensant avoir assez de nouvelles chansons pour l'album, Bowie avait organisé une dernière session pour réaliser un mix stéréo de cette chanson et l'inclure dans l'album. La session a bien eut lieu mais au lieu de s'occuper de 'London Boy's', il a préféré réenregistrer 'Rubber Band' et enregistrer deux chansons qui n'étaient pas au programme initial, 'When I Live My Dream' et 'Love You Till Tuesday'. Ainsi 'London Boy's' a été écarté de l'album et, sauf erreur de ma part, n'a encore jamais été mixé en stéréo, même pas pour la réédition de 2010 alors que les 2 chansons du single suivant l'ont été en juillet 2009 à Abbey Road.

'The Laughing Gnome/The Gospel According To Tony Day'.
Deux chansons remontant aux sessions du premier album mais écartés pour être un single à part.
Bon, là aussi je préfère la face b.
'The Laughing Gnome' est ridicule. Enfin je l'écoute pour rigoler. Dire qu’après coup, ils ont décidé de réduire la partie du Gnome, ça aurait du être encore pire. Laughing
J'aime la face b pour son originalité.
C'est le seul single Deram de Bowie qui a réussi à entrer dans les classements britanniques. Pas à l'époque mais en 1973. 6eme position, mieux que 'Starman' ou 'Golden Years'.

'Love You Till Tuesday/Did You Ever Have A Dream'.
Deux jours après la sortie de l'album, Bowie a réenregistré 'Love You Till Tuesday' et 'When I Live My Dream' pour finalement publier la première en single avec en face b un titre non utilisé de l'album. J'ai l'impression qu'à ce stade il voulait utiliser 'When I Live My Dream' comme face a du single suivant mais ça ne s'est pas fait et on ne l'a pas connu avant 1984.
Comme je l'ai déjà dit, je pense que la face a est moins réussie que la version album de la même chanson.
La face b est pas mal, elle fait un peu music-hall et aurait très bien trouvé sa place sur l'album si elle en avait fait partie.
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MessagePosté le: Ven 12 Fév - 19:10 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Zong' a écrit:
"The London boys" (...) sera ré-enregistrée en 2002 pour le projet "Toy", mais à part quelques extraits reservées aux membres du fan club en ligne, elle ne fut jamais publiée.
Le David (moi pas Bowie) de 2016 répond au Zong' de 2010. On la connait depuis 2011 et elle est vachement bien.


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MessagePosté le: Sam 13 Fév - 15:11 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Zong' a écrit:
Premier passage de Bowie à la BBC, dans l'émission Top Gear
Les quelques auditeurs de ce Top Gear du 18 décembre 1967 ont eut le privilège d’être les premiers à entendre l'association Bowie Visconty. Rien de révolutionnaire à ce stade mais on sent déjà un style. 'Love You Till Tuesday' correspond plus à la version single mais c'est un peu plus dépouillé comme si il avait enfin compris qu'il ne fallait pas en faire trop. L'orchestration de 'Little Bombardier' sort un peu mieux que sur l'album, d'ailleurs de manière générale, le son de tout ce passage radio sonne superbement bien sur la deluxe de 2010, c'est un beau document.
C'est 'Silly Boy Blue' qui gagne le plus en originalité, surtout sur l'intro.
Et enfin, 'In The Heat Of The Morning' est la vraie nouveauté du lot. La chanson est parue en 1970 et fut enregistré en 1968 donc il s'agit d'une version plus ancienne, l'originale si je puis dire. Comme le dit Zong', la version studio sera améliorée d'une meilleure orchestration mais même comme ça on a un vrai aperçu d'un nouveau David Bowie à venir, plus mure, qui nous emmènera lentement mais surement vers ses sommets des années RCA.

Et une fois de plus, l'orchestrateur de ce passage radio, Arthur Greenslade (1923-2003), est le même qui entre autres bossait à la même époque avec Gainsbourg sur des chansons comme 'Initial B.B', 'Bloody Jack', 'Qui est "in" qui est "out"' ou 'Ford Mustang' et aussi sur 'From Genesis To Revelation', le premier Genesis.
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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 12:16 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Une petite intervention, ma première sur ce passionnant topic que je redécouvre avec un plaisir immense, d'autant plus que c'est grâce à son frère jumeau, sur le forum jaune, que je suis en train de découvrir de manière approfondie les début de Bowie.

Juste pour signaler 2 liens entre le Bowie de 1967 et la Belgique.

Tout d'abord, la Belgique sera le premier pays au monde à mettre un visage sur un 45t de David Bowie. En effet, le single "The Laughing Gnome"/"The Gospel According To Tony Day" aura le privilège d'être publié, dès 1967, dans une édition belge qui, contrairement à ce qui se faisait généralement en Angleterre, sera accompagné d'une jolie pochette que voici.



Enfin, à la même époque, pour arrondir ses maigres fin de mois, Bowie se prête au jeu de la traduction pour son éditeur Essex Music. C'est ainsi qu'il traduit (et par la même occasion co-signe) "Love Is Always" et "Pancho", les 2 faces d'un 45t publié sur le label Palette par la chanteuse belge d'origine vietnamienne Dee Dee (de son vrai nom Andrée Giroud), épouse de Willy Albimoor, un musiciens de session et compositeur ayant fait une carrière particulièrement longue, tant en Belgique qu'en France.

Cet obscur 45t ne paraître qu'en Belgique et en Allemagne.

La pochette belge :


La pochette allemande :


Pour écouter le face B :

"Pancho": http://davidbowie.podomatic.com/entry/2008-11-20T16_21_36-08_00
(ça commence comme le "Eloise" de Barry Ryan, qu'il prédate pourtant d'un an).

Je ne trouve hélas pas de lien pour la face A, mais comme je suis certain d'avoir déjà vu ce single sur des brocantes, soyez certains que je ne le laisserai plus passer cette fois !
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Dernière édition par Calico Skies le Jeu 25 Fév - 14:43 (2016); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 25 Fév - 12:57 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Merci à tous pour vos super ajouts !


1968 !

Et bien 1968, c'est un peu une année creuse pour Bowie: il ne va publier aucun disque (ce qui n'était pas arrivé depuis 1964) et on sait que pendant ces années là passer plus d'un an sans rien publier, c'est quasiment synonyme de fin de carrière ou de mise à la retraite ! En fait il va surtout faire du théâtre (du mime avec Lindsay Kemp). En effet à cette époque il est encore attiré par beaucoup d'arts différents et ne sait toujours pas si il va se diriger vers la musique, ou plutôt la peinture, ou encore le théâtre. En tout cas pour le moment l'absence de succès de son premier album ne va pas vraiment l'encourager à rester dans la voix musicale.

Cela dit cette année il va quand même composer quelques chansons (et même tout un opéra rock resté inédit -"The Ernie Johnson rock opera"), mais il n'y aura pas d'enregistrement majeur, ni de sortie de disque. Par contre il va réaliser quelques enregistrements live pour la BBC, quelques chansons en studio, et même un single potentiel, qui ne sera finalement jamais publié... ...avant 2010 (!), c'est "London bye ta-ta".

Je vous propose de détailler ces enregistrements aujourd'hui, car ils ont fini par être publiés officiellement, même si c'était des dizaines d'années plus tard !

En 1968 Bowie va enregistrer quelques morceaux en studios, qui ne sortiront finalement pas. Mais trois d'entre eux vont quand même être paraitre sur une compilation, en 1970:

The world of David Bowie
Compilation publiée en Mars 1970


Karma man
Let me sleep beside you
In the heat of the morning


Vous pouvez écouter ces titres ici, sur le cd 2:
http://www.musicme.com/David-Bowie/albums/David-Bowie-0600753179253.html


Cette compilation, mise au point par Bowie lui-même, contenait une sélection de titres de la période Deram, dont ces trois inédites qui datent de 1968. Elle fut publiée après le succès de "Space oddity", ce qui explique l'anachronisme de la pochette (Bowie a sa tête de 1969 dessus ). Les trois "nouvelles" chansons auront entre temps été interprétées à la BBC.

Karma man est presque folk. En tout cas elle est à mon sens à mi-chemin entre le style du 1er Lp de 67 et du 2ème de 1969.
Let me sleep beside you est très sympa, avec une super intro à base de guitares rock, auxquelles répondent des cordes façon Stockhausen, et a fait l'objet d'un remake "moderne" en 2002 pour "Toy", qui est hélas resté inédit. Enfin la troisième, In the heat of the morning est peut-être celle que je préfère de toute cette période. (La version studio est bien meilleure que celle de la BBC de 1967, mais est encore en dessous de la version BBC suivante - qu'on verra au prochain chapitre). Je la trouve tout à fait rafraichissante.

Pour avoir des versions cd de ces chanson, la compile originale n'ayant pas été rééditée, il faut se
tourner vers l'édition "Deluxe" de l'album de 1967 (sortie en 2010), qui contient à la fois les mixs mono originaux, et des nouveaux mixes
stéréos super bien fait. (Pour "In the heat of the morning" le mix stéréo est d'époque. Il est présent dans la ré-édition 2010, sauf que
sur MusicMe ils se sont plantés: ils ont mis la mono à la place, mais sur le cd elle est bien en stéréo).


Également enregistrée en studio à la même période, on trouve cette chanson là:

London bye ta-ta
Publiée officiellement dans l' "Edition Deluxe" de son premier album le 25 fèvrier 2010
Vous pouvez écouter ce titre ici. Il s'agit du 10ème titre du cd 2:
http://www.musicme.com/David-Bowie/albums/David-Bowie-0600753179253.html
Cette mystérieuse chanson aura pendant longtemps hanté les rêves des fans (enfin... ceux qui ne fréquentaient pas les bootlegs car elle fut enregistrée plusieurs fois en studio, à chaque fois sans être publiée ! En gros il existe deux versions studios: une qui date de 1968, et un
"remake" réalisé en 1970. Le remake fut finalement publié tardivement en 1989, dans le coffret-compilation "Sound + Vision", mais la première
version, celle de 1968 sera considérée comme perdue définitivement pendant des années. Ce n'est qu'au tout début de 2010 qu'elle finira
par être publiée officiellement, les bandes ayant été retrouvées !


2ème passage à la BBC
le 13 Mai 1968 dans l'émission "Top Gear".
Publié officiellement dans le coffret "Bowie at the Beeb" le 26 septembre 2000 et sur l'album "Love you till tuesday" en 1984.


In the heat of the morning
London bye ta-ta
Karma man
When I'm five *
Silly boy blue


Vous pouvez écouter ces titres ici (sauf "When I'm five"):


A noter que le titre "When I'm five" ne figure pas sur l'album "At the Beeb" car en fait cet enregistrement live sera utilisé dans le film "Love you till tuesday" de 1969 et apparaitra dans l'album de la B.O. en 1984 (on en reparlera plus en détails quand on abordera ce film probablement ce weekend, et on l'écoutera à ce moment là).

Voici la page officielle consacrée à cette émission, sur le site des Archives de la BBC:
http://www.bbc.co.uk/radio1/johnpeel/sessions/1960s/1968/May13davidbowie/

Deuxième passage à la BBC pour Bowie. Toujours accompagné par un orchestre arrangé par Tony Visconti. John McLaughlin serait l'un des 14 musiciens qui jouent dessus. Il est amusant de se rendre compte que finalement toutes ces chansons inédites auront connu une existence publique dans des versions live, alors que les versions studios dormaient tranquillement dans les placards sans être publiées.
On a donc droit à une nouvelle version de "In the heat of the morning" (que je considère comme étant la meilleure), et même à une version live de "London bye ta-ta" (tout à fait similaire à la version studio - ça vallait bien la peine d'attendre ! Wink ).
Les versions de "Karma man" et "Silly boy blue" sont sympas aussi. A noter que cette dernière avait été enregistrée mais n'avait pas été diffusée.


Ce weekend on parlera d'un film réalisé au tout début de 1969, de l'album B.O. qui va avec, et on fera le point sur l'édition Deluxe de l'album de 1967, en détaillant tous les trésors qu'il contient.

Mais en attendant, à vous Cognac-Jay ! Smile
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MessagePosté le: Sam 27 Fév - 17:57 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Zong', si j'ai bien compris, la mise à jour de ce topic a été pour toi quasiment le premier usage du coffret 'Beeb', une sorte d'unboxing. Wink

Concernant cette période trait-d'union je suis plus ou moins du même avis que Zong' et je n'ai pas grand chose à ajouter.

L'enregistrement de 'Let Me Sleep Beside You' et 'Karma Man' du 1er septembre 1967 reste tout de même un évènement historique, la première session commune de Bowie et Visconty, ce n'est pas rien et donc en quelque sorte la création d'un nouveau David Bowie, bien plus intéressant que celui du premier album. Et là aussi il s'agit en fait d'un single annulé. Visiblement à ce stade Bowie avait renoncé à la sortie de la nouvelle version de 'When I Live My Dream' en single et 17 jours après la session d'enregistrement de 'Let Me Sleep Beside You' et 'Karma Man', Decca décidèrent de ne pas publier ces deux chansons en single après avoir demandé à Bowie si c’était possible d'enlever le mot 'Sleep' du titre pour enlever toute ambiguïté sexuelle mais finalement il n'y a pas eu de single.

Et quelques mois plus tard, Decca prend la même décision concernant 'London Bye Ta Ta' ce qui a fait comprendre à David Bowie qu'il n'était plus désiré chez eux et c'est pour ça qu'il a quitté la maison de disque le mois suivant.
Lorsque Bowie et Visconty ont décidé de réenregistrer cette chanson, ils avaient pris soin d'avoir l'accord de Mercury par avance histoire de ne pas travailler pour rien et la réponse fut positive, pas de problème, dans le genre c'est pas Decca ici, mais finalement une fois la chanson réenregistrée, Mercury changèrent d'avis et choisirent sortir la première version de 'The Pretiest Star'.

Comme beaucoup de gens, j'ai découvert la première version après la seconde (et sans connaitre celle de la BBC) et la belle surprise dés le début sont les violons.
Moi aussi je préfère 'In the Heat of the Morning' parmi ces quatre chansons. Elle aussi a une version sur 'Toy' et elle est vachement bien, dans le genre exercice 'vieux Bowie' c'est très réussi, il la chante plus grave, l'air un peu désabusé mais sans exagérer non plus.

Quant au passage à la BBC je ne le connaissais pas ou je ne m'en souvenais pas car j'ai du écouter l'album une fois ou deux et j'ai bien aimé, ça a l'air bien appliqué.

Pour conclure cette mini période de transition essentiellement marquée par le début de l'association avec Visconty, je dirais que mis à part leur refus de publier les Beatles et David Bowie, je n'ai pas de remarque particulière à faire concernant les orientations artistiques de Decca.



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MessagePosté le: Dim 28 Fév - 02:20 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

David a écrit:
je dirais que mis à part leur refus de publier les Beatles et David Bowie, je n'ai pas de remarque particulière à faire concernant les orientations artistiques de Decca.



Laughing Très joliment formulé. Laughing

Je dois avouer que c’est une période de Bowie que j’écoute trop rarement. Je dois y revenir, et vos posts m’y encouragent.
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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 07:47 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

David a écrit:
Zong', si j'ai bien compris, la mise à jour de ce topic a été pour toi quasiment le premier usage du coffret 'Beeb', une sorte d'unboxing. Wink


Mais oui c'est même la première fois que je l'utilise. Smile
En fait pour être franc, si il n'y avait pas eu ce topic à animer je ne sais même pas si je l'aurai acheté (ou en tout cas pas tout de suite - j'aurais attendu qu'il baisse). Et c'est aussi pour ça que j'ai voulu attendre fin février pour reprendre le topic. Bon on va dire que c'est le petit coup de folie de la semaine.

Merci en tout cas pour vos réactions.

Love you till tuesday
Film réalisé en Janvier 1969


Kenneth Pitt, le manager de Bowie, décide de la création d'un film de 30 minutes destiné à faire découvrir les talents de son poulain au monde entier. Le film est tourné en janvier et février 1969, et comprend sept chansons de David Bowie: quatre qui proviennent du 33t de 1967, deux nouvelles ("When I'm five" et "Ching-a-ling"), ainsi qu'une séquence de mime appelée "The mask". Et au dernier moment avant le tournage, Bowie rajoute une toute nouvelle chanson: "Space oddity".

Les chansons sont parfois de nouveaux enregistrements (When I live my dream est différente de la version album), ou bien des anciens auxquels on a rajouté des overdubs de voix ("Sell me a coat", par exemple). Il y a aussi le cas de "When I'm five" qui provient de la session BBC précédente, qui est donc mimée par Bowie. Dans le film, les chansons sont interprétées par Bowie, et aussi sa copine Hermione, et son pote John Hutchinson. A eux trois ils forment le trio "Feathers".

Le film couta très cher et ne fut jamais utilisé, par manque d’intérêt de la part des acheteurs éventuels que sont les chaines de télé. Il fut finalement distribué en cassette VHS en 1984 (que l'on voit çi-dessus), puis en DVD en 2005. Et parallèlement à la VHS de 1984 est sorti un album de la bande-son du film. Cette album et ce film vont être traités dans le topic dés maintenant, malgré leur publication tardive, pour des raisons évidente de continuité artistique.

L'album "Love you till tuesday" ne contient pas exactement la bande-son du film (ça serait trop simple Wink ). En fait, certains morceaux sont présentés dans leur version single (Rubber band, par exemple).
D'autres sont réellement inédits comme "Ching-a-ling", "When I'm five", "Space oddity" (qui n'est pas la même version que celle, définitive, qui sera publiée en single plus tard dans l'année), et "When I live my dream". Ce dernier titre avait même été prévu pour être un single, mais ne fut pas publié.

Méfiez-vous de la version cd de l'album éditée par Pickwick. Dans celle-çi la plupart des versions sont celle de l'albums de 1967, alors que ça n'était pas le cas sur le Lp. (par exemple dans le film, la version de "Love you till tuesday" est celle du single, et sur le Lp aussi, mais sur le cd c'est la version album.)



Et maintenant, je vous propose de faire un bon usage des capacités d'internet, et de visionner ensemble ce film (aller, 30 minutes, c'est pas long Smile ).

Voici donc le premier chapitre, Love you till tuesday qui sert de générique. Ne trouvez-vous pas que Bowie est à la fois super classe et en même temps tout à fait ridicule ?
http://www.youtube.com/watch?v=u5dCcO7Q5sY

Chapitre 2: Sell me a coat
http://www.youtube.com/watch?v=iFvYX3QWre0
C'est la version de l'album de 67, mais avec des overdubs de voix en plus. Dispo sur la réédition Deluxe de 2010 dans une version légèrement remixée.

Chapitre 3: When I'm five
Une chanson inédite enregistrée en 1968 à la BBC (voir le chapitre précédent). Dans le film Bowie mime donc le chant en playback par dessus cet enregistrement.
Dispo sur la réédition Deluxe de 2010
http://www.youtube.com/watch?v=xWWDsILFSkU

Chapitre 4: Rubber band
http://www.youtube.com/watch?v=6UPSUdbM-BQ

Chapitre 5: The mask
http://www.youtube.com/watch?v=jiKWEf2luMY

Chapitre 6: Let me sleep beside you
Une autre véritable inédite. Par contre il n'a pas fallu attendre 1984 pour l'avoir: elle fut publiée sur la compile de 1970 (on en a parlé). Bon là c'est encore plus clair avec l'image: on assiste ici aux débuts du Bowie glam !
http://www.youtube.com/watch?v=5JIiMJBqDNY

Chapitre 7: Ching-a-ling
Interprétée réellement à trois avec Hermione et Hutch, cette chanson est très intéressante ! Car est une mélodie très envoutante que Bowie ré-utilisera quelques années plus tard sur son 3ème album "The man who sold the world", dans la chanson "Saviour machine".
http://www.youtube.com/watch?v=g0CGRPJolds

Chapitre 8: Space oddity
Tel un ovni venu de nul part, cette chanson ajoutée à la dernière minute sera le premier tube interstellaire de David Bowie. Mais pas dans cette version là qui est très très différente de celle commercialisée plus tard dans l'année. D'ailleurs ceux qui connaissent la version finale, mais pas celle du film, ça va leur faire tout drôle Smile
Le "clip" fait très Stanley Kubrick, je trouve.
http://www.youtube.com/watch?v=i2Eu_eNlRrw

Chapitre final: When I live my dream
C'est une version différente de celle de l'album de 1967, qui devait sortir en single, mais finalement ne fut publiée dans un premier temps que dans ce film. Elle sert de générique de fin.
http://www.youtube.com/watch?v=sDMDJ8JUkys


Love you till tuesday
Lp publié le 17 Mai 1984




On est en 1984, après "Let's dance" (l'autre plus grand succès interplanétaire de Bowie), et donc c'est l'occasion ou jamais pour les studios de ressortir ce qui dormaient dans des armoires depuis des lustres, afin de rebondir sur le buzz Bowie.
Vous remarquerez qu'en plus des titres pré-cités, on retrouve dans ce disque des choses comme Liza Jane ou The London boys.
Pour avoir les vrais inédits de ce disque en cd, ils se trouvent dans la version Deluxe de l'album de 1967. (Malgré l'absence notable de cette version de "Space oddity"), qu'on trouvera dans "The Deram Anthology". - et "Ching-a-ling" est présenté en stéréo pour la première fois.


Voilà. Je vous laisse quelques temps pour ce chapitre, ça permettra à tout le monde de pouvoir visionner le film, ou de prendre le temps de lire les épisodes précédents. N'hésitez pas à laisser toutes les remarques que vous voulez.
La prochaine étape sera la "vraie" version de Space Oddity Smile
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MessagePosté le: Mer 2 Mar - 09:32 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

So, here I go... Tout de suite en AudioRip via amazon, bientôt dans la platine.




C'est un disque un peu déroutant pour quelqu'un souhaitant sortir du sentier battu "best of" (ce qui est mon cas), je ne m'attendais pas à ça en fait. On me l'aurait passé sans m'en dévoiler l'interprète, je n'aurais pas immédiatement pensé à Bowie. C'est différent de ce que je connais de lui, mais pas du tout décevant.
Il n'a pas du tout la voix d'un jeune chanteur de 20 ans, mais plutôt celle d'un mec ayant déjà bien roulé sa bosse dans le domaine, tant je la trouve assurée et pleine d'aplomb. Musicalement, ça sonne très 67 (forcément, je pense à Sgt. Pepper et ses fanfares), c'est très sympa. Les sonorités virent même parfois un peu country ("Come And Buy My Toys" ou "Join The Gang").
Après une première écoute, je sors "Uncle Arthur", "Rubber Band" (qui ressemble vaguement à du Genesis version Gabriel sans les guitares), "Come And Buy My Toys" et surtout "Love You Till Tuesday" dont le refrain reste ancré dans la tête.
Je suis peut-être complètement à côté de la plaque (je n'ai pas encore lu tous vos posts) mais à chaud, je retiens de ce disque l'assurance et l'enthousiasme du jeune Bowie qui semble savoir où il va.
Hâte de recevoir ce double CD pour l'écouter dans de meilleures conditions...
Et merci à tous pour ce passionnant décompte, qui s'annonce à terme exceptionnel.
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MessagePosté le: Mer 2 Mar - 11:37 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Ah oui c'est sûr que ça fait bizarre de découvrir ce Bowie là, comparé à Let's dance, Heroes ou Ziggy.
Oui il a une pleine assurance dans sa façon de chanter, à défaut d'en avoir une quand à comment orienter sa carrière d'artiste.
C'est de toute façon un maitre chanteur et c'est déjà le cas en 67.
Et puis il faut noter que c'est lui l'auteur des chansons. Pour un premier album 60s, malgré les Beatles, ça reste rare.
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MessagePosté le: Mer 2 Mar - 19:52 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Lotus#47 a écrit:
"Rubber Band" (qui ressemble vaguement à du Genesis version Gabriel sans les guitares)

C'est pas faux.
En te lisant, j'ai pensé à Willow Farm sur Foxtrot, par exemple.
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MessagePosté le: Ven 4 Mar - 23:41 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

J'aime beaucoup ce film que j'avais découvert lors de la première version du décompte et je l'ai revu peu de temps après la mort de Bowie. J'aime ce style de mime sous fond blanc et je trouve que ça donne une couleur supplémentaire à ses chansons de l’époque.

Une des particularités de cette première version de 'Space Oddity', et de ce point de vu le film enduit un peu à l'erreur, c'est le chant très bizarre sur la partie du Ground control. Il m'a fallu quelques années pour comprendre, ce n'est pas David Bowie qu'on entend sur les passages du ground control mais son copain John Hutchinson. Comme l'a dit Zong', la chanson figure sur 'The Deram Anthology' mais pas sur le double CD de 2010. En même temps, quelques mois plus tôt en 2009, la demo originale de Bowie et Hutch sortait sur l’édition spéciale double CD du second album. La version du film est en fait la démo sensiblement accélérée (sous sa vitesse normale elle dure 5:10) avec plein d'overdubs par dessus. Une vraie compote! Et ça ne s’arrête pas là, du temps de 'Scary Monsters' une nouvelle version encore très différente a surgi.
Bref, possible que la parution de la version originale en bonus du second album est la raison de la disparition de cette version spéciale, ce qui est certain c'est que la demo est sur le bon album d'autant plus qu'elle est accompagnée de celle de 'An Occasional Dream' également en duo avec Hutch'.

En revanche, 'When I'm Five' est la seule chanson de toute la saga qui ne figurait pas sur 'The Deram Anthology' et elle est sur le double CD de 2010.

'Ching-A-Ling' est le fruit d'un trio éphémère, Feathers, qui n'a en fait existé qu'autour du film en question. Les trois membres du groupe étaient David Bowie, ce même John Hutch' Hutchinson et la petite amie de David de l’époque, Hermione Farthingale. La version qui figure sur l’édition de 2010 est en effet pour la première fois en stéréo mais surtout elle est enfin complète car sur la version du film qui était la seule connue avant, Bowie n'y apparait pas comme chanteur principal, il y a deux couplets, le premier chanté par Hermione et le second par Hutch'. C’était un edit sans son premier couplet et étant donné que l'intro est rejouée juste avant le second couplet, ce fut facile à couper. Désormais on peut entendre la chanson depuis le début avec David Bowie sur le premier couplet, Hermione sur le second et Hutch' à la fin.



La relation de David Bowie avec Hermione est bien plus qu'une anecdote, leur rupture peu de temps après cet épisode semble l'avoir marqué pour longtemps. Déjà sur l'album suivant il y a une chanson qui s'appelle 'Letter to Hermione' et 'An Occasional Dream' lui serait aussi destinée. Il semble aussi qu'elle a influencé son look de la période 'The Man Who Sold The World'/'Hunky Dory'. De plus, l'opposition du père d'Hermione à leur relation est plus ou moins le point de départ de l'histoire de 'Life on Mars'.

Mais ce qui est bien plus troublant c'est qu'elle l'a quitté pour aller tourner dans un film sorti en 1970 qui s'appelait 'Song of Norway'.


Et 43 ans plus tard, sur le clip de 'Where Are We Now' on voit ceci:


Cela prouve d'une certaine manière l'importance de cette période (68-69) dans la vie de David Bowie. David et Hermione se sont revus vers la fin des années 90, elle assistait à un de ses concerts en Angleterre et quand il a su sa présence il l'a invité à le rejoindre en coulisse.

Hermione Farthingale avec Tony Visconty en 2015


Et John Hutchinson chez Jools Holland en 2007

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MessagePosté le: Sam 5 Mar - 02:51 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Merci beaucoup pour ce super boulot.
J’aime particulièrement le clip (et la chanson) de Let Me Sleep Beside You, qui préfigure effectivement Ziggy. J’adore la voix de Bowie dessus. À l’époque il chantait souvent de sa voix la plus aiguë et j’avoue avoir souvent du mal avec ça.
Let Me Sleep Beside You dégage vraiment quelque chose de très singulier, et encore plus avec les images. J’ai bien aimé la relecture façon Toy.

J’ai depuis toujours une aversion sans nom envers les mimes et les clowns, et cet aspect-là du travail de Bowie m’a donc toujours laissé de marbre. Mis à part ça, je trouve passionnant de revisiter cette époque maintenant. Il s’en dégage un charme fou et de vraies chansons déjà solides.
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MessagePosté le: Sam 5 Mar - 12:55 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

LOVE YOU TILL TUESDAY 
  
Cette chanson n'est effectivement pas la version enregistrée en 1967. Elle est un peu plus courte avec une coda amputée. Et il en existe une version partiellement chantée en allemand, pour ceux que cela tente. http://www.youtube.com/watch?v=pm_zcz-sXck&feature=fvw 

Pourquoi en allemand? Car au départ, Kenneth Pitt avait pris contact avec ZDF, et Bowie avait interprétée "Love You Till Tuesday dans l'émission 4-3-2-1 Musik Fur Junge Leute le 27 février 1968.
Il y'est retourné en septembre 1968 et c'est à l'occasion de son second passage que Gunther Schneider, le producteur de l'émission proposa à Kennet Pitt de carrément créer un show d'une demi-heure pour la chaîne. Bowie comme Pitt ont reçu l'idée avec beaucoup de critique car ils ne pensaient pas pouvoir réellement enthousiasmer le public allemand. Mais un mois plus tard, ils ont donné rendez-vous à Londres à Malcolm Thompson qui est un ancien assistant de Pitt. Ce dernier proposa de créer une trame à partir de chansons diverses et variées, dont "Ching A Ling" et "When I'm Five" qui étaient plus récentes. 
Ils ont aussi décidé d'y adjoindre "The Mask" en rapport avec les activités de Mime que Bowie affectionnaient déjà à cette époque. Mais dès qu'il s'est agi de financer la chose, les choses se sont compliquées. Car Gunther Schneider demanda des versions en allemand. Il proposa que Lisa Busch, son assistante s'occupe de traduire certains titres. Ce qui donna donc des versions de "Love You Till Tuesday", de "When I Live My Dream, de "Let Me Sleep Beside You" et de "The Mask" aussi. 

Bowie est même allé jusqu'à prendre des cours de danse. Il s'est fait faire une cure de jouvence de ses dents chez l'ortho-dentiste. Et on a aussi prétendu qu'il est allé passer un temps certain chez un perruquier. Il semblerait qu'il porte une perruque tout le long du film. Vrai ou Faux? Ce petit film de "Love You Till Tuesday date du 3 février 1969 aux studios Morgan. Et puis lors de la post-production du film, Kenneth Pitt eut la stupeur d'apprendre un jour par un coup de fil chez ZDF que Gunther Schneider ne faisait plus partie du personnel. Il s'adressa à la BBC qui l'envoya balader. Et lui proposa même de refaire l'intégralité du spectacle avec un autre artiste, à savoir Tom Jones !!!
Donc, tout un travail pour rien. Ce n'est qu'en 1984 que Kenneth Pitt put enfin financer une sortie de LOVE YOU TILL TUESDAY et ce en partenariat avec Polygram. A ce moment là, Bowie ne se manifesta pas une seconde pour aider Pitt à la sortie du film, mais Coco Schwab expliqua à des journalistes qu'il avait adoré revoir le film. 
 

En visionnant le film, j'aime toujours beaucoup ces scènes tournées presque sans décors. On peut surtout y voir la progression de ses textes et de ses attitudes qui annoncent à mon sens la suite. Bien que ce soit un projet collectif avec Hermione Farthingale et John Hutchinson, dit "Hutch", c'est surtout l'éclosion de Bowie en tant que soliste sur scène. C'est évident à la vision du début, "Love You Till Tuesday".
 

SELL ME A COAT
 


Je préfère de loin la version dans le premier album solo. Les voix additionnelles de Hutch et Hermione sont trop en avant dans le nouveau mix et effacent Bowie presque. Mais la mélodie est toujours aussi plaisante à réécouter. Le cool hippie Bowie semble avoit fumé un peu et demeure contemplatif. « Summer as love and happiness… ». Cette chanson avait été enregistrée en 1966 puis revisitée pour le spectacle de Lindsay Kemp en 1968, PIERROT IN TURQUOISE. 
La similitude avec le groupe Peter, Paul and Mary est assez étonnante et cette chanson leur avait même été proposée. Refus catégorique du groupe. 
 
Donc au final, des voix en plus mais de la grâce en moins je trouve. A noter que la séquence qui montre le magasin Mr Fish est prémonitoire de la fameuse robe que Bowie portera un an plus tard pour la pochette de THE MAN WHO SOLD THE WORLD. Et cette tenue a été achetée précisément dans cette boutique la. Néanmoins, c’est l’une des rares occasions de voir Bowie « en couple » dans une chanson. Ici, l’union Bowie-Hermione transpire à plein tube. Et à ce moment là, Bowie était probablement encore hésitant sur ses capacités. C’est avec Angie qu’il prendra encore plus confiance. On peut donc voir un Bowie pas encore sûr de lui. Et c’est assez touchant quand on sait qu’il contrôlera ensuite son image pendant des décennies. 

 
WHEN I’M FIVE 

Attention, ça vaut son pesant d’or. Vous ne trouverez pas beaucoup de Bowie aussi sirupeux et puéril qu’avec « When I’m Five ». Désuet, avec le fameux gâteau d’anniversaire. Terrible ! Mais derrière ces paroles sybillines, il y’a une réalité moins rose-bonbon. Le propre père de Bowie était malade en 1969 et décèdera quelques mois plus tard. Il dit « Je ne sais pas pourquoi mon père se met à pleurer et que je désire tellement avoir bientôt cinq ans. ». Ce n’est pas autobiographique pour un sou mais troublant. Il faut revoir Bowie redevenir gamin devant ses bougies. Cette chanson lui tint beaucoup à cœur puisqu’il en existe une demo réenregistrée pendant les sessions de SPACE ODDITY. Mais restée inédite pendant très longtemps. 
 
Kenneth Pitt avait signé un groupe, The Beatstalkers et ils ont enregistré une version de cette chanson pour leur 45 Tours « Little Boy ». Bien que Bowie ait été présent en studio, il ne chante pas. Il faudra attendre « Everyone Says Hi » sur HEATHEN pour pouvoir retrouver un univers similaire et une tonalité de texte chétive et puérile. D’ailleurs, un titre en hommage à son père. Profitez-en, Bowie est pas très famille. Et s’épanche peu. 

 
RUBBER BAND 

Une belle chanson flirtant vers le vaudeville. Et qui rendue ici avec fausse moustache et chorégraphie mimant un concert est un des beaux moments du film. Donc une histoire parlant d’un vétéran de la guerre et dont la femme est partie avec un membre de l’orchestre. En fait, je pense que c’est le premier grand texte de Bowie. Le premier à être un peu plus sophistiqué par rapport aux premiers singles entre 1964 et 1966. Il y’a un petit côté presque dramatique. C’est désuet, avec un ensemble de cuivres d’où surnagent des tubas. Cela évoque les ambiances fin de première guerre mondiale. Sans non plus être un de ses meilleurs titres de cette période, c’est quand même un fait d’armes de Bowie. Sa voix s’éloigne même des premiers singles. C’est la deuxième version prévue pour le disque DAVID BOWIE qui figure dans le film. Plaisant.
 
  
THE MASK 

C’est absolument fabuleux. Il y’a de très beaux restes de PIERRE IN TURQUOISE et un maquillage qui lui sied très bien. Le mime, tout comme le saxophone, sont les deux composantes majeures de Bowie. Le grand public connaît « Let’s Dance » ou « China Girl ». Les fanas de Bowie je pense sont plutôt
 
admiratifs devant les mimes. D’autant plus que Bowie sertira très souvent, jusqu’au REALITY TOUR, la plupart de ses concerts de mimes. J’ai pu en voir très souvent, notamment à Oostende quand il a mimé un homme détachant les pétales d’une fleur. Ou encore un homme enfermé dans une cage pendant une reprise de « Fame ». J’ai toujours pensé que Bowie est un mime qui est devenu chanteur. Même si ce n’est pas la réalité.  A savourer sans modération. 

LET ME SLEEP BESIDE YOU
 

Une perle méconnue. Mais vraiment méconnue et qui fait partie des reprises initialement prévues pourle projet TOY de 2001. Et qui a été conservée dans cette version-là pour la compilation NOTHING HAS CHANGED.
Alors pas mal de choses à dire sur ce titre dont le fait que ce soit le tout premier produit par Tony Visconti avec KARMA MAN. Visconti venait de remporter un succès artistique avec le groupe Move pour leur disque FLOWERS IN THE RAIN et donc Kenneth Pitt eut l’idée de le proposer comme
 
producteur. Le côté glam arrive pour la première fois et on le doit plus à Tony Visconti qu’autre chose pour le moment. Admirez les poses de Bowie et la gestuelle. On y voit éclore le futur Ziggy sans le savoir encore. Pour les fans du Plastic Ono Band, la version enregistrée en 1967 inclut notamment Alan White qui jouera avec John et Yoko en 1969. Ce qu’on oublie aussi, c’est que la maison de disque (Decca ?) a demandé au départ à ce que la chanson s’appelle Let Me Be Beside You comme les Stones avaient entendu une requête pour qu’un de leur titre soit rebaptisé Let’s Spend Tonight Together. 
Qu’importe, Bowie ne plia pas et inclura le titre pour la compilation THE WORLD OF DAVID BOWIE en 1970. C’est une belle chanson de transition qui fait le pont peut être entre Simon And Garfunkel et les titres à venir dans Space Oddity et le côté heavy de THE MAN WHO SOLD THE WORLD. Il en existe une belle version eneregistrée pour la BBC en parue en 2000 dans la compilation BOWIE AT THE BEEB. Dans la version du film, il s’agit d’un remix donc avec sans doute beaucoup de chorus. Je trouve qu’il imite beaucoup Mick Jagger.
 

CHING A LING
 

Un titre frais, dans la mouvance Marc Bolan période UNICORN. Et qui eut le privilège d’être enregistré avec Tony Visconti aux studios Trident. Là où « Hey Jude » a été gravé dans le marbre. C’est l’œuvre collective des Feathers et avec en effet les riffs recyclés pour « Saviour Machine ». 
D’après Bowie, il existerait trois versions de la chanson chantée à tour de rôle par Bowie, Hutch et Hermione. Et finalement, les autres versions gardées pour le film n’ont jamais refait surface. Il s’agit d’une version où chacun chante à tour de rôle. Il existe beaucoup de versions de cette chanson. La version courte figure sur la compilation DERAM. Et la version longue sur l’édition CD de LOVE YOU TILL TUESDAY qui est parue en 1992. Bowie et Hutch en ont enregistré une demo en 1969 prévue pour SPACE ODDITY mais qui est restée dans les tiroirs. Bowie ayant associé la chanson à Hermione, laquelle n’était plus en couple avec lui.
 

 
WHEN I LIVE MY DREAM 

 
C'est une des mes préférées du premier disque studio. Méconnue mais une splendeur. Elle devait tenir à coeur à Bowie car elle a profité de pas mal de versions (encore une dans la réédition de 2010 d'ailleurs). On trouve pour la première fois la volonté d'accéder à une forme de reconnaissance auprès des autres. Quand il chante par exemple qu'il a obtenu le rôle principal. Mais en réalité, cherche-t-il vraiment les feux de la rampe à tout prix? C'est plutôt un goût pour des chansons à caractère cinématographique. Il y'a donc cette première version pour l'album DAVID BOWIE. Une seconde a été refaite pour servir de single à l'album et enregistrée donc quelques jours après la sortie du disque. Et qui a failli d'ailleurs remplacer "Let Me Sleep Beside You". C'est la deuxième verion qu'on entend dans le film et sur la compilation DERAM. La chanson a aussi été conservée pour PIERROT IN TURQUOISE l'année suivante.  
A noter aussi une version en allemand "Mit Mir In Deinem Traum", qui est toujours inédite à ce jour. 

 

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MessagePosté le: Sam 12 Mar - 13:12 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

luigii a écrit:

Ecrire des histoires, comme des courts métrages, préfigurant d’ailleurs l’excellent film THE IMAGE, dont on n’a pu revoir des extraits en bonne qualité visuelle lors de l’expo DAVID BOWIE IS. Mais c’est bien ce genre-là qui est à l’œuvre dans un album qui au fond n’aura pas reçu beaucoup de publicité, n’aura pas beaucoup été joué à la radio et qui n’aura pas déclenché les moindres envies de tournées pour défendre ce répertoire. Il aura été très rare d’ailleurs d’entendre régulièrement un morceau de ce disque dans les tournées qui auront suivi.

Le court-métrage 'THE IMAGE' de 14 minutes avec Michael Byrne et David Bowie est apparu récemment sur YouTube. Le film est une sorte d'inspiration moderne du Portrait de Dorian Gray, qui continuera à être, dans le futur, l'une des obsessions de Bowie. C'est apparemment l'un des premiers court-métrages à avoir reçu en 1967, une classification interdit aux moins de 16 ans, pour son contenu violent. Il a connu une très brève carrière en passant en première partie d'autres films et continuera, après que Bowie ait percé, à être montré en première partie de films porno gay dans les années 70.




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MessagePosté le: Sam 12 Mar - 19:41 (2016)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

CRACKED ACTOR, Part 1 : THE IMAGE, 1967





Et donc les débuts d’acteur de Bowie, c’est dans un court-métrage en noir et blanc. Quasiment un film d’horreur, antichambre du Locataire de Polanski et du futur cadavre de la pochette du même titre. The Image a longtemps été confidentiel. Il est aujourd’hui en vision confortable sur youtube. Il a été visible en intégralité à l’Expo Bowie. J’avais aussi une vieille VHS car il y’eut une diffusion en 1984 et quelques rares reprises ensuite. Obtenu sous le manteau dans les années 90 mais cette Vidéo est devenue inutilisable.

David Bowie a 20ans. En 1967, il souhaite orienter ses expériences dans le cinéma ou la télévision. En mai 1967, il obtient un entretien avec Lewis Rudd, le patron de la section émission pour enfants de ITV. Suite au single « Laughing Gnome » qui avait retenu l’attention, il auditionne pour présenter l’émission Playtime. Sauf qu’il n’obtient pas le rôle. Déçu, Bowie rappelle quand même Rudd pour lui demander des références. On lui explique qu’il va être mis en contact avec des réalisateurs encore peu connu. C’est donc comme cela que Bowie est un jour contacté par Michael Armstrong, qui lui parle d’un projet du nom de The Touchables. Bowie auditionne pour le rôle de David Copperfield mais là encore fait chou blanc. Le réalisateur va donc le prendre sous son aile à défaut de pouvoir devenir son amant. Une adaptation de Orphée aux Enfers est mise sur pied et doit démarrer sous le nom de projet A FLORAL TALE. David Bowie devait jouer Orphée, mais le projet est censuré par les instances de la BBC, jugeant le script beaucoup trop scandaleux puisqu’appuyant fortement sur la personnalité homosexuelle du rôle principal. Une chanson du projet « Flower Song » va quand même rester comme thème musical de THE IMAGE.


Le projet A FLORAL TALE est abandonné. Michael Armstrong propose alors à Bowie un scénario incomplet pour le projet THE IMAGE, qui est tourné en septembre 1967 avec Michael Byrne (qui bien plus tard jouera le chef des nazis dans INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE par exemple). Le double du portrait, le double du peintre, l’attrait pour l’étrange, pour l’autre. Comme un revenant. Bowie aura des mots très durs pour juger ce film a posteriori. Au même titre que la critique. Pourtant, il imprime déjà une présence à l’écran. Le regard est déjà fascinant. Il n’est pas encore Ziggy, mais il fait douter son partenaire sur ses envies, ses sentiments, ses préférences. C’est un pre-Ziggy sans masque (ni trop) de maquillage. Trois jours de tournage du 13 au 15 septembre 1967. 30 livres Sterling de cachet. Et pour la scène inaugurale où Bowie se cache derrière la fenêtre sous la pluie, c’est plusieurs heures à rester sous une pluie artificielle derrière une maison donnant sur Harrow Road à Londres. Michael Armstrong prenant ensuite un malin plaisir à sécher Bowie avec de grandes serviettes et serrer son acteur contre lui pour le réchauffer. Crypto-gay jusqu’au bout donc.
Dont acte, car ce film à faible budget, ne trouva pas son public. Si ce n’est au cinéma de films X Jacey, situé sur Trafalgar Square. Et encore, cette diffusion n’a commencé qu’en 1973. Il est vrai que Bowie a souvent trouvé comique que ce film soit projeté auprès d’un public d’hommes en rut avant de vrais films X. Le NME, découvrant ensuite la vidéo en édition limitée de 1984, aura des mots très durs aussi. Se demandant comment la carrière de Bowie n’ait pas souffert autant de la découverte de ce court-métrage.
Ce n’est sans doute pas un chef d’œuvre. Mais l’acteur Bowie est déjà quand même bien en place et témoigne de dons naturels pour les apparences multiples et le goût de l’ambiguïté. Il meurt plusieurs fois, se fait poignarder mais ressuscite, façon Revenant éternel. L’inverse de Lazare, son tout dernier rôle près de l’armoire. Et pas loin non plus du rôle du peintre contemplant les anges dans la mansarde de « Look Back In Anger ». 
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MessagePosté le: Mar 14 Mar - 16:14 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Très intéressante cette incursion chez le Bowie acteur. Merci luigii.
J'ai hâte de lire la suite.

Pardonnez l'aparté mais j'ai bien aimé ces infographies.
https://www.oddityviz.com/records/
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MessagePosté le: Jeu 7 Sep - 16:26 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Space oddity (single version) / Wild eyed boy from freecloud (single version)

45t publié le 11 juillet 1969
<------on fait clic clic

La Face A s'écoute ici---------------------->


La Face B s'écoute ici---------------------->



Le voilà ce fameux 45t qui apportera enfin le succès à Bowie !
Avec "Space oddity" le ton est donné. Il s'est écoulé 2 ans depuis le dernier disque publié, et on est a des années lumières (sans mauvais jeu de mot) du premier Lp. On l'a déjà dit, cette chanson va être pour Bowie la clé du succès tant attendu. Elle sera publiée de de nombreux pays, et fera également l'objet de plein d'adaptations par les artistes locaux de ces pays, ce qui montre bien l'impact de cette chanson.
L'album à venir sera produit par Tony Visconti, mais "Space oddity" est pourtant produite par Gus Dudgeon. La raison est toute simple: Visconti détestait la chanson et a refusé de la produire !
Dans cette version de "Space oddity", tout comme dans la démo, Bowie joue du stylophone. Il n'est pas forcément évident de le distinguer du mellotron qui se trouve également dans l'arrangement. Ce mellotron est joué par le futur prestigieux Rick Wakeman (qui fera les heures de gloire du groupe Yes plus tard). Le stylophone était une espèce de mini-orgue électronique, que l'on joue avec un stylet. Il a un son très particulier, reconnaissable immédiatement. Bowie a d'ailleurs posé pour une publicité avec cet instrument:




A noter l'intelligence du calembour du titre, qui n'a jamais été compris par beaucoup de français qui le prononce comme si c'était "Space oddissey" Laughing

La face B, aussi en mono, "Wild eyed boy from freecloud" se retrouvera également sur l'album, mais dans une autre version. La différence majeure consistant dans les arrangements différents: dans la version album Bowie est accompagné par tout un orchestre, arrangé par Tony Visconti. Alors que dans la version single, il est tout seul avec un violoncelliste, Paul Buckmaster. (qui est d'ailleurs crédité sur l’étiquette de ce 45t sans pochette).
Le meilleur endroit pour retrouver en cd (ou en vinyle!) ces deux enregistrements, est tout d'abord bien évidement le coffret "Five Years", qui présente la meilleure remasterisation à ce jour. Mais la face B est également disponible sur l'édition "40th anniversary" de l'album, dans une variante intéressante car ils ont utilisé la version gravée sur les exemplaires promo du single: on y entend une petite phrase de présentation de Bowie juste avant que la chanson ne démarre, qui a été gommé sur les exemplaires commerciaux du single !

Avec "Space oddity", Bowie s'est assuré désormais une immortalité artistique qui se prolonge encore aujourd'hui.
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MessagePosté le: Jeu 7 Sep - 16:39 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Yes, Bowiezong is back Very Happy

Merci pour ta présentation toujours soignée !
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MessagePosté le: Jeu 7 Sep - 17:29 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Vitalis a écrit:
Yes, Bowiezong is back Very Happy



I got a call from a certain Phillip Jeffries. Wink
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MessagePosté le: Ven 8 Sep - 08:42 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Tiens au sujet de la partie de mellotron jouée par Wakeman.
C'est toujours sympa d'entendre.

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David


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MessagePosté le: Jeu 12 Oct - 17:50 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969 Répondre en citant

Remerciement tardif pour cette mise à jour. Smile

On est bien d'accord, Space Oddity' c'est le déclic, tout est vraiment parti de là. Et c'est aussi un peu vrai pour moi car même si j'ai connu l'album 'Let's Dance' avant tout le reste, c'est cette chanson qui m'a vraiment fait aimer David Bowie.
Le sachant grand fan de Syd Barrett, je n'ai jamais pu m’empêcher de penser qu'il s’était inspiré de 'Astronomy Domine' (entre autres).
En 2002, sur l'album 'Heathen', Bowie a réutilisé son stylophone sur 'Slip Away'.
Bien qu'ayant refusé de produire la chanson, Visconti joue des instruments à vent.
Enfin, le même Paul Buckmaster qui joue du violoncelle sur la face b est l'arrangeur orchestral de 'Space Oddity'. Et évidemment quand on me parle de Paul Buckmaster et Gus Dudgeon, je pense tout de suite à Elton John et en particulier à ses meilleures années. Pendant longtemps je m’étais imaginé que Bowie voulait peut-être emprunter le style d'Elton John sur ce single mais non, en fait c'est précisément le contraire. Elton John en a parlé au lendemain du décès de Bowie, jusque là sa carrière était très moyenne, ni son premier album ni ses premiers singles n'avaient vraiment marqué les esprits. Et puis lorsqu'il a entendu 'Space Oddity', il s’était dit qu'il voulait les mêmes mecs sur ses disques. Et avec Dudgeon et Buckmaster, EJ s'est immédiatement révélé dés 'Your Song' et le second album. Sans parler du fait que Paul Buckmaster a derrière lui une carrière d'arrangeur riche et variée allant de Leonard Cohen jusque Guns N Roses en passant par Nilsson et les Rolling Stones (Sticky Fingers) dont le point de départ est le single 'Space Oddity'.

En 2009 est sorti un EP digital avec la track list suivante:

Space Oddity" (Original UK mono single edit)
"Space Oddity" (US mono single edit)
"Space Oddity" (US stereo single edit)
"Space Oddity" (1979 re-record)
"Space Oddity" (Bass and Drums)
"Space Oddity" (Strings)
"Space Oddity" (Acoustic guitar)
"Space Oddity" (Mellotron)
"Space Oddity" (Backing vocal, flute and cellos)
"Space Oddity" (Stylophone and guitar)
"Space Oddity" (Lead vocal)
"Space Oddity" (Main backing vocal including countdown)
Je l'avais écouté une fois quand c'était sorti. Wink

J'adore aussi la face b, c'est un de mes titres préférés de l'album et cet arrangement épuré est très chouette.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:31 (2017)    Sujet du message: Sur la piste de David Bowie: Space oddity (single) - 1969

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